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Menaces de l'Etat islamique: la France est-elle suffisamment préparée?

Des militaires surveillent les abords du Sâcré-Coeur, à Paris, dans le cadre du plan Vigipirate.

Des militaires surveillent les abords du Sâcré-Coeur, à Paris, dans le cadre du plan Vigipirate. - Lionel Bonaventure - AFP

En réponse à l'intervention française en Irak , l'Etat islamique a, pour la première fois, proféré des menaces directes contre la France, lundi. Comment le pays se prépare à une éventuelle attaque?

Des menaces claires et directes. Ce lundi, les jihadistes de l'Etat islamique (également appelé "Daesh") ont appelé pour la première fois leurs partisans à tuer "de n'importe quelle manière" des citoyens Français, militaires comme civils. Un appel présenté comme une réponse directe à la coalition internationale mise en place pour combattre le groupe islamiste, dans laquelle Paris est en première ligne aux côtés de Washington, en menant des frappes aériennes en l'Irak. La France est-elle protégée contre des attaques sur son sol? BFMTV.com fait le point.

> Concrètement, que risque la France?

Ce communiqué, qui donne des consignes très directes, s'adresse à la fois aux combattants de l'Etat islamique et aux partisans restés dans leur pays d'origine, qui ne sont pas forcément partis sur la terre du jihad. "Les émirs de l'Etat islamique vont très certainement ordonner à leurs combattants étrangers de rentrer dans leur pays pour y mener des actions terroristes. La consigne est clairement de réaliser des attaques à domicile", décrypte David Thomson, journaliste et auteur du livre Les Français jihadistes, sur BFMTV.

> Faut-il s'attendre prochainement à des attaques terroristes sur le sol français?

Pour David Thomson, "c'est une certitude, au minimum, des actions terroristes vont être tentées sur le sol français, en plus grand nombre que jusqu'à présent". Et de préciser: "elles avaient déjà été tentées par des combattants, de leur propre chef. Cette fois-ci, la consigne a été donnée collectivement".

Quant à savoir à quel type d'attaque la France peut être confrontée, le message de l'EI est éloquent: aux attaques terroristes "classiques", menées, par exemple, à l'aide d'engins explosifs, pourront s'ajouter des attaques plus individuelles, le groupe islamiste ultra-radical ayant appelé à tuer "le mécréant" en "frappant sa tête avec une pierre", en l'"égorgeant avec un couteau", en "l'écrasant avec sa voiture", en l'"étranglant" ou en l'"empoisonnant".

> Quelles dispositions sécuritaires ont été prises?

Pour l'heure, le niveau du plan Vigipirate n'a pas été élevé, malgré cette menace directe. En février 2014, le dispositif a été réduit à deux niveaux: "vigilance" et "alerte attentat". Le seuil "vigilance", celui en cours, prévoit notamment une surveillance permanente dans les transports, le contrôle des accès aux bâtiments officiels ou encore la surveillance des lieux publics fréquentés.

"Le dispositif Vigipirate, dans les dispositions actuelles qu'il contient est aujourd'hui opérationnel et efficace", a estimé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, ce lundi matin, précisant que "depuis plusieurs mois déjà, nos forces de sécurité sont pleinement mobilisées afin de prévenir les risques liés à l'activité des groupes terroristes en Syrie et en Irak". Et d'assurer: "même si le risque zéro n'existe pas, nous prenons aujourd'hui 100% de précautions".

> Une lettre aux préfets

Si le niveau du plan Vigipirate n'a pas encore changé, le ministre de l'Intérieur a d'ores et déjà demandé aux préfets de renforcer le degré de vigilance des forces de sécurité intérieure. La surveillance autour des bâtiments confessionnels, diplomatiques, consulaires ou des lieux symboliques, a ainsi été élevée d'un cran. Même dispositions pour les rassemblements, les rencontres sportives, les spectacles ou les offices religieux. "Des consignes ont été effectivement données aux collègues de la préfecture de police de Paris de redoubler de vigilance dans les rues, autour des bâtiments sensibles, aux abords des écoles", a confirmé sur BFMTV Stanislas Gaudon, délégué de la direction de l'ordre public et de la circulation, membre du syndicat Alliance.

Enfin, sur l'ensemble du territoire, la vigilance de la police aux frontières et du renseignement intérieur va également être renforcée, à l'heure où 950 individus résidant en France sont impliqués dans les filières jihadistes syriennes.