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Mélenchon chiffre son programme et détaille son plan de relance économique

Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon - FRANCOIS GUILLOT / AFP

"Choc d'investissement", "révolution fiscale", relance budgétaire... Jean-Luc Mélenchon a présenté et chiffré dimanche son plan économique pour 2017-2022 qui repose selon lui sur un ensemble "vertueux" de croissance, d'emploi et même de baisse de la dette.

"On nous demande toujours combien ça coûte?, nous allons le dire", a déclaré le candidat à la présidentielle en ouvrant une émission de plus de cinq heures retransmise sur Youtube et Facebook afin de chiffrer la totalité de son programme présidentiel. Et ce au cours d'un week-end marqué par un bras de fer avec Benoît Hamon sur l'idée d'un rassemblement à gauche.

Plan de relance keynésien en lieu et place de l'austérité libérale, telle est la philosophie de son programme économique qui passe par un plan d'investissement de 100 milliards d'euros qu'il entend financer par l'emprunt le plus rapidement possible au début du quinquennat.

La répartition de ces milliards sera ciblée sur "l'urgence sociale" (45 milliards dont 18 pour le logement), "l'urgence écologique" (50 milliards dont 25 pour le développement des énergies renouvelables) et 7 milliards pour les services publics.

"On ne dépense pas 100 milliards en un claquement de doigt"

Il s'agit "d'injecter une masse suffisante qui remette en route l'activité", a expliqué Jean-Luc Mélenchon, c'est-à-dire de choisir des projets pourvoyeurs d'activité afin d'obtenir l'effet multiplicateur de l'investissement escompté.

Le candidat a néanmoins reconnu que ce choc d'investissement ne se ferait pas sans obstacle : "on ne dépense pas 100 milliards en un claquement de doigt", a-t-il expliqué, rappelant que tout investissement devait nourrir un projet établi et solide. "Pour nous le plus difficile sera de gérer le délai", a-t-il précisé.

Un Smic à 1.326 euros

Parallèlement, le programme prévoit une augmentation de la dépense publique de 173 milliards sur le quinquennat pour financer en particulier l'augmentation des salaires et la réduction du chômage qu'il veut réduire à 6%, par le biais par exemple de la sécurité sociale intégrale en vertu de laquelle un chômeur en fin de droits pourra se retourner vers l'Etat pour que ce dernier lui fournisse un emploi.

Il entend augmenter le Smic de 15% pour l'établir à 1.326 euros, soit un gain de 173 euros chaque mois. Il s'agit selon le parti d'"un minimum de justice". Cette somme profiterait à environ 3,5 millions de Français et à l'économie pour environ 6 milliards d'euros, autant de dépenses qui garantissent les carnets de commande.

Baisse de l'impôt sur les sociétés

"Ce plan de relance répond à des choix politiques affirmés, il ne s'agit pas de financer des produits importés qui ont fait trois fois le tour du monde, ce n'est pas une relance à la papa", précise son équipe, évoquant notamment l'objectif de restreindre l'empreinte écologique du pays plutôt que d'augmenter sa consommation.

Une "révolution fiscale" prévoit par ailleurs une baisse de l'impôt sur les sociétés à 25%, la progressivité de la CSG, un taux marginal de 90% sur la dernière tranche de l'impôt sur le revenu au-delà de 400.000 euros par an... Tout cela est-il crédible ? "A chacun d'en juger" a répondu ce dimanche soir sur BFMTV Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon.

C.C. avec AFP