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Mayotte: "la majorité des syndicats" et le collectif de citoyens demandent la levée immédiate des barrages

Manifestation à Mayotte, le 13 mars 2018

Manifestation à Mayotte, le 13 mars 2018 - Ornella LAMBERTI / AFP

Les syndicats ont toutefois annoncé qu'"en l'absence de signe fort adressé à la population sur la lutte contre l'immigration clandestine, [..] la grève reste maintenue".

La "majorité des syndicats" et le collectif de citoyens à l'initiative du mouvement de contestation à Mayotte ont appelé ce lundi à la levée immédiate des barrages, ont-ils annoncé dans un communiqué.

"Néanmoins en l'absence d'un signal fort adressé à la population sur la lutte contre l'immigration clandestine à ce jour, la grève reste maintenue; toutefois elle pourra se manifester sous d'autres formes", ont-ils précisé lundi, plus de six semaines après le début du mouvement.

Cette demande vise à "permettre la mise en oeuvre des mesures d'urgences et favoriser un travail serein sur nos revendications avec la délégation interministérielle", est-il écrit dans ce communiqué qui ne détaille pas quels syndicats parmi les 9 impliqués ont effectivement accepté la fin des barrages.

Une partie des revendications satisfaite

Les co-signataires de l'appel ont motivé leur décision par la satisfaction d'un certain nombre de leurs revendications, à commencer par la "venue d'un délégué pour ouvrir les négociations". Dominique Sorain, qui a également été nommé nouveau préfet de l'archipel, est effectivement arrivé vendredi matin.

"Il est acté que la plateforme d'union des revendications qui a été remise au Délégué sera prise en compte pour l'élaboration du futur plan de développement de Mayotte, qui sera présenté à la fin du mois d'avril", se sont également félicités le collectif et l'intersyndicale, en évoquant également la création d'un "comité de suivi" pour "s'assurer de l'exécution des décisions".

L'insécurité et l'immigration clandestine aux coeur des préoccupations

Les mêmes ont aussi mis en avant que "le statut de département de Mayotte, aux dires du Délégué ministériel, n'est pas remis en cause par le gouvernement sauf demande expresse des élus locaux".

Mayotte, où la situation sanitaire s'aggrave, est agitée depuis fin février par un mouvement social qui dénonce l'insécurité et l'immigration clandestine venue des Comores, où le revenu moyen par habitant est treize fois inférieur à celui du département français.

"Les entraves à la circulation, la mise en danger d'autrui, les opérations de justice communautaire et le racket organisé sur certains barrages sont des faits graves passibles de poursuites", avait rappelé mercredi la ministre Annick Girardin, soulignant la fermeté du gouvernement vis-à-vis des barrages routiers qui paralysent l'île.

P.L avec AFP