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Mariage homo: Vincent et Bruno vont se dire "oui"

Vincent et Bruno seront les premiers à se dire "oui", mercredi à Montpellier.

Vincent et Bruno seront les premiers à se dire "oui", mercredi à Montpellier. - -

Vincent Autin, 40 ans, et Bruno Boileau, 30 ans, en couple depuis bientôt sept ans, doivent se dire oui mercredi soir à la mairie de Montpellier, lors du premier mariage homosexuel en France.

Vincent et Bruno doivent se dire oui mercredi soir à la mairie de Montpellier lors du premier mariage homosexuel en France, permis par une loi qui a déchaîné les passions comme jamais depuis le débat sur l'école libre il y a 30 ans.

Vincent Autin, 40 ans, et Bruno Boileau, 30 ans, en couple depuis bientôt sept ans, veulent croire que cette première union, célébrée onze jours après la promulgation de la loi Taubira, va enfin calmer les tensions. "Car après la haine, il est temps de parler d'amour".

Dimanche encore cependant, de 150.000 à un million d'opposants ont manifesté à Paris dans une ultime démonstration de force émaillée d'incidents. Et les détracteurs les plus radicaux de la réforme - promesse du candidat Hollande - n'entendent pas désarmer.

Mardi, dans ce contexte de crispation persistante, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a apporté son soutien à Najat Vallaud-Belkacem, la ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, qui sera présente à la cérémonie "en dehors de ses fonctions officielles", avec l'accord de Matignon, et par "amitié".

Mariage d'amour

"C'est un engagement pris de longue date et je me réjouis de pouvoir le tenir. En ce qui me concerne, ce sont des amis (...) j'y serai d'abord avec le coeur", a expliqué Najat Vallaud-Belkacem qui avait proposé aux deux hommes, en septembre, d'être les premiers mariés homosexuels. "C'est une amie", a dit Vincent Autin.

Dominique Bertinotti, la ministre de la Famille, dont la présence avait été annoncée, a elle préféré rester à l'écart d'une cérémonie "de l'ordre de l'intime", souhaitant un "apaisement" après les mois de tumulte.

Vincent Autin a dit "ne pas avoir de regrets" quant à cette absence. "Je n'ai invité que la famille et des amis", a dit le président du Lesbian and Gay Pride Montpellier Languedoc-Roussillon. "Je ne vois pas pourquoi ils [les politiques, NDLR] devraient être là", a renchéri Bruno Boileau.

Plus de 230 accréditations

Quelque 500 invités dont 200 proches du couple sont attendus à ce mariage dont le porte-parole de l'Inter-LGBT, Nicolas Gougain, qui vient à Montpellier, surnommée la "friendly", pour un "mariage comme les autres", une "pointe d'émotion en plus".

Cette union sera également un rendez-vous médiatique puisque la chaîne Al Jazeera en anglais, CNN, TV2 Danemark ou TV Rossia 1, des journaux japonais, britannique ou suisse seront présents, parmi plus de 230 journalistes et techniciens accrédités pour l'événement.

Même s'ils ne souhaitaient pas de "peopolisation", les futurs mariés apprécient leurs multiples passages devant les caméras, qui leur permettent de faire passer un message de tolérance et d'égalité.

La maire PS de Montpellier Hélène Mandroux, en pointe sur ce sujet depuis des années, veut elle privilégier la simplicité: "je ne veux pas de barnum. Je ne suis pas 'people'. Je suis dans les valeurs. J'ai dit à tout le monde: ce moment doit être un moment respectueux de l'événement".

Dans son discours, l'élue s'appuiera sur un texte de Voltaire pour prôner la tolérance alors qu'à ses yeux, les opposants au mariage gay sont "les exemples mêmes de l'intolérance".

"Je vous déclare unis par les liens du mariage"

Pour la cérémonie proprement dite, au lendemain de la publication du décret d'application de la loi au Journal Officiel, les formules retenues seront sobres. "Vincent Autin, voulez-vous prendre pour époux Bruno Boileau?" Et "Bruno Boileau, voulez-vous prendre pour époux Vincent Autin?", va demander Hélène Mandroux, avant de conclure après les "oui" des deux hommes: "Je vous déclare unis par les liens du mariage".

Par mesure de sécurité, toute la cérémonie est prévue dans la Salle des rencontres de l'Hôtel de Ville et la retransmission sur écrans géants envisagée sur le parvis a été annulée. Mais pour les forces de l'ordre, il n'est pas question de transformer la mairie en bunker.

"C'est un événement exceptionnel mais on veut que tout se passe le plus normalement possible", a insisté le directeur de cabinet de la préfecture de l'Hérault, Frédéric Loiseau, selon lequel "il n'y a eu aucune menace précise".

Un dispositif de sécurité prévu

Des opposants ont toutefois fait part de leur volonté de manifester, notamment à l'arrivée de Najat Vallaud-Belkacem à l'aéroport.

Entre 50 et 100 policiers sont mobilisés et un escadron de gendarmerie mobile - soit 80 hommes - a été placé en réserve. En revanche, la police municipale sur laquelle comptait aussi la préfecture est en grève.

Après François Hollande à la mi-mai, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a prévenu dimanche qu'il ne tolérerait "aucun trouble à l'ordre public" lors des premières unions. Pour lui, "il serait intolérable que des individus viennent s'en prendre à ceux qui accomplissent un acte important pour leur vie".


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T.B. avec AFP