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Manifestation contre la loi Travail: "un 1er tour de chauffe tiède" selon la presse

La première journée de mobilisation est jugée en demi-teinte par la presse.

La première journée de mobilisation est jugée en demi-teinte par la presse. - Montage BFMTV

Au lendemain des manifestations contre le projet de loi El Khomri de réforme du droit du travail, une grande partie des quotidiens jugent que la mobilisation pour ce "premier tour de chauffe" a été en "demi-teinte".

Quel bilan après la première journée de manifestation contre la loi El Khomri mercredi? Avec 224.000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur contre 450.000 selon les syndicats, cette première vague de mobilisation a été "en demi-teinte", jugent de nombreux quotidiens jeudi matin.

"La pression de la rue n'est pas si forte qu'elle puisse empêcher l'exécutif de mener à bien sa réforme libérale du droit du travail", estiment Les Echos. "Mais, pour la gauche, le prix politique à payer en 2017 sera si élevé qu'il risque de rendre impossible ce qui n'est à présent qu'improbable: la présence de François Hollande au second tour de l'élection présidentielle."

Le Figaro n'est pas mécontent d'écrire que "Martine Aubry et ses amis frondeurs, Philippe Martinez et la CGT, le jeune William Martinet et l'Unef, n'avaient pas, hier, de quoi pavoiser", car, selon lui, "la mobilisation ne fut pas à la hauteur de leurs espoirs".

Comme Le Parisien, qui parle d'un "premier round", Le Midi Libre évoque un "premier tour de chauffe plutôt tiède (qui) n'a aucune chance, dans l'immédiat, de faire reculer le gouvernement". "La France qui se lève tôt n'a pas massivement défilé dans les rues", traduit L'Alsace. Comme Ouest-France qui écrit que "la mobilisation n'a pas crevé les plafonds".

Une gauche "fracturée"

Un point de vue radicalement différent dans L'Humanité, qui se félicite notamment du fait que les "jeunes (...) ont fait d'un premier rendez-vous de mobilisation contre la loi de régression sociale un succès remarquable". Il constitue, selon lui, un "précieux atout pour les autres temps forts qui s'annoncent les 17 et 31 mars".

De son côté, La Croix met en garde ces "nouvelles générations" de ne pas "contribuer, par les manifestations du moment, à renforcer l'immobilisme" d'autant qu'"elles n'en seront pas les bénéficiaires". 

Pourtant, les Dernières Nouvelles d'Alsace évoquent cette "génération Kleenex" qui "se voit stagiaire à vie". Elle a "un lourd passif à solder en cette fin de mandat", estime La Montagne Centre-France, car les nouvelles générations "ne vivront pas mieux en 2017 qu'elles ne vivaient en 2012" et "savent désormais (que) la confiance est rompue, (que) l'espoir a vécu".

Sud-ouest estime pour sa part que "les manifestations d'hier ont connu un certain succès (qui) en annonce peut-être d'autres" et "devrait inciter le gouvernement à lâcher un peu de lest". Quoi qu'il en soit, La Charente Libre écrit que "cette journée de mobilisation renvoie l'image d'une gauche totalement fracturée". Comme le souligne Le Journal de la Haute-Marne: "l''originalité politique de ce conflit" tient au fait que "les attaques viennent surtout d'une partie de la majorité".

A.K. avec AFP