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Loi Travail: la jeunesse met Hollande et Valls à l'épreuve

La fronde contre le projet de réforme du droit du travail prend forme mercredi dans la rue, malgré les appels au "dialogue" de l'exécutif.

Depuis Venise, où il était mardi en voyage officiel, François Hollande l'a répété: il souhaite "éviter les ruptures". Alors que plusieurs syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens s'apprêtent à défiler dans la rue contre la loi Travail de Myriam El Khomri mercredi, le chef de l'Etat a rappelé "le processus que nous avons lancé depuis plusieurs années de concertations, de dialogue avec les partenaires sociaux mais aussi de réformes qui étaient nécessaires".

Autant d'arguments censés rassurer les manifestants, notamment les jeunes, priorité du quinquennat de François Hollande. "Je pense qu'il faut laisser le temps de la concertation, le temps de la discussion, et que le temps de la décision viendra", a ajouté le Président. Matteo Renzi, chef du conseil italien, est venu appuyer le message: 

"François sait parfaitement ce dont la France a besoin. Je veux m'adresser aux jeunes Français: une loi comme celle-ci a marché en Italie, des emplois en CDI ont été créés".

Les députés PS mitigés après l'entrevue avec Valls

L'appel à destination de la jeunesse a été relayé mardi par Myriam El Khomri et Emmanuel Macron. Manuel Valls lui, s'est livré à un exercice de pédagogie, cette fois auprès des députés socialistes dont beaucoup menacent de ne pas voter la loi.

Mardi soir, le séminaire consacré au texte a duré plus de deux heures. Et à la sortie, le résultat a été mitigé: pas question de retirer le texte, a répété le Premier ministre. Le seul engagement pris est celui du dialogue, et d'éventuelles améliorations sur des points sensibles: "le retrait que j'ai demandé pour écrire une autre loi n'a pas reçu de réponse positive", regrette le député "frondeur" Christian Paul.

"Je retiens cette volonté de dialogue", rebondit Christophe Sirugue, député de Saône-et-Loire. "Mais je regrette qu'elle soit tardive". Le message de Manuel Valls semble avoir toutefois été entendu. "Le Premier ministre a terminé en disant qu'il avait bien entendu les inquiétudes et qu'il souhaitait lever un certain nombre de malentendus, et qu'il appelait à des propositions", rappelle Alexis Bachelay. Des propositions que les députés feront lors d'un nouveau séminaire qui aura lieu lundi prochain.

A. K.