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Loi Travail: El Khomri et Macron tentent de désamorcer "le péril jeune"

Myriam El Khomri et Emmanuel Macron le 22 février 2016 lors d'un déplacement à Chalampe, dans l'Est de la France.

Myriam El Khomri et Emmanuel Macron le 22 février 2016 lors d'un déplacement à Chalampe, dans l'Est de la France. - Sébastien Bozon - AFP

Les deux ministres ont défendu le projet de loi sur la réforme du code du travail, objet d'une manifestation qui a lieu mercredi à l'initiative notamment des syndicats étudiants et lycéens.

S'agit-il d'une simple coïncidence? Mercredi, les syndicats lycéens et étudiants appellent les jeunes à manifester contre le projet de loi sur la réforme du code du travail. Soit dix ans, quasiment jour pour jour, après la contestation contre le Contrat première embauche (CPE). La mobilisation avait alors duré plus de trois mois, et les dirigeants actuels s'en souviennent. Pire, ils craignent plus que tout le retour d'un tel mouvement et le risque d'enlisement qui va de pair.

Myriam El Khomri, ministre du Travail, et Emmanuel Macron, ministre de l'Economie, ont donc tenté de désamorcer le mouvement de colère mardi. Respectivement invités de RTL et France Inter, ils se sont adressés chacun à la jeunesse. "Je suis attentive au mouvement 'On vaut mieux que ça' mais ma loi n'a rien à voir avec le CPE", a affirmé Myriam El-Khomri, assurant au passage qu'elle avait elle-même manifesté contre le projet de contrat porté à l'époque par Dominique de Villepin.

"Il s'agissait d'un contrat et d'un salaire au rabais en direction des jeunes. Aujourd'hui, dans ma loi, il y a par exemple le droit à la nouvelle chance pour les jeunes à travers le compte personnel d'activité. Tout jeune qui n'a pas eu accès à un premier niveau de qualification pour avoir accès, tout au long de sa vie, à une formation", explique-t-elle. "Je dis aux jeunes que le gouvernement n'est pas là contre eux, il est là pour favoriser l'emploi durable".

"Il faut entendre les malentendus"

De son côté, Emmanuel Macron a lui aussi défendu le projet de loi. Le ministre de l'Economie est d'ailleurs à l'origine de plusieurs mesures contenues dans le texte. "J'entends les jeunes qui ne veulent pas d'une société précaire mais cette société elle est là, elle existe depuis que je suis jeune, elle est injuste et inefficace", affirme-t-il. Et de revendiquer des "droits à la formation et à la sécurité" que donnerait le texte.

Là encore, pas question de braquer les jeunes: le ministre laisse donc ouverte la porte des négociations, et préfère parler pédagogie.

"On est dans une situation très différente du CPE. Mais il faut regarder le pays en face et il faut expliquer", martèle-t-il. "Il y a des consultations efficaces et ouvertes, il faut entendre les malentendus et expliquer. Mais ce pays a besoin d'un changement pour être plus efficace et plus juste."

Le gouvernement n'a-t-il fait "que" manquer de pédagogie dans la présentation du projet de loi? Si le besoin de dialogue se fait certainement sentir, il n'est pas sûr en revanche que cet argument parvienne à convaincre les organisations de jeunes: plusieurs représentants de l'Unef, syndicat étudiant, ont déjà assuré être prêts à se mobiliser "au moins un mois", jusqu'à la présentation du texte à l'Assemblée nationale. D'autres réclament plus directement le retrait du texte. Mercredi, ils défileront dans la rue aux côtés de leurs pairs de la CGT, FO, FSU et Solidaires.

A. K.