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Journée de l'esclavage: une éventuelle réparation divise

François Hollande donne un discours à l'occasion de la journée de l'abolition de l'esclavage au Jardin du Luxembourg à Paris le 10 mai 2013.

François Hollande donne un discours à l'occasion de la journée de l'abolition de l'esclavage au Jardin du Luxembourg à Paris le 10 mai 2013. - -

Le chef de l'Etat a déposé une gerbe, ce vendredi matin, au jardin du Luxembourg à Paris pour commérer l'abolition de l'esclavage en cette journée de mémoire. La question de l'indemnisation des descendants continue d'alimenter la polémique.

En ce vendredi 10 mai, on commémore l'abolition de l'esclavage en France. Après avoir déposé une gerbe de fleurs au pied de la statue symbolisant la liberté retrouvée, François Hollande a fermé la porte à toute idée d'indemnisation systématique des ancêtres des victimes. Cette position a été diversement appréciée par les associations de noirs de France présentes lors de la cérémonie.

De son côté, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) demande réparation et a assigné, ce vendredi, en justice la Caisse des dépôts une banque pour avoir participé à la traite des noirs.

"Aujourd'hui c'est le 10 mai, une journée qui commémore un crime contre l'humanité qui par définition est imprescriptible. Lorsque la colonie est devenue indépendante les colons français ont estimé que les esclaves étaient toujours leurs esclaves et ont imposé à Haïti des réparations", explique Louis-George Tin, président du Cran.

"Les ancêtres des Français étaient des serfs"

Selon Serge Romana, président du collectif Marche du 23 mai 1998, cette position doit être replacée dans un contexte historique très différent d'aujourd'hui. "Le concept de réparation, c'est comme si on demande à la France d'aujourd'hui de réparer l'esclavage alors que la majorité des ancêtres des Français étaient des serfs au moment de l'esclavage", rappelle-t-il.

La garde des Sceaux, Christine Taubira qui est à l'origine de la loi qui reconnaît l'esclavage comme crime contre l'humanité, était présente aux côtés de François Hollande lors de la cérémonie. Le chef de l'Etat a, au cours d'un discours, a rappelé clairement la position de la France: "Le premier de ces messages c'est l'impossible réparation. Je sais qu'un certain nombre de voix depuis longtemps la réclame. Le seul choix possible, le plus digne, le plus grand, le plus responsable, c'est celui de la mémoire, c'est la vigilance, c'est la transmission."

Elise Maillard