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Prix des carburants: les gilets jaunes de retour en faible nombre sur les ronds-points

Après des appels à se mobiliser lancés sur les réseaux sociaux, des gilets jaunes ont de nouveau investi des ronds-points ce samedi pour protester contre la hausse du prix des énergies.

Depuis quelques jours, les appels à relancer le mouvement des gilets jaunes ce samedi, trois ans après son apparition, se sont multipliés sur les réseaux sociaux accompagnés du hashtag #GiletsJaunessaison2. Ce mardi, la présence de ce derniers sur les ronds-points a été timide dans divers endroits en France pour protester contre la hausse des prix de l'énergie et la baisse du pouvoir d'achat, ont constaté des journalistes de l'AFP.

A Châlons-en-Champagne par exemple, une petite vingtaine de "gilets jaunes" ont occupé un rond-point à la sortie de la ville dès le matin, selon un correspondant de l'AFP. Plus de 100 rassemblements étaient ainsi prévus dans tout le pays, d'après des listes circulant sur les réseaux sociaux.

"Nous sommes apolitiques mais on ne se retrouve plus dans ce gouvernement ni dans les candidats à l'élection présidentielle, on veut un candidat qui connaisse la misère sociale", a expliqué un membre du collectif chalonnais Liberté citoyenne.

Certains ronds-points ont en effet été réinvestis dans la journée par des gilets jaunes, avec une plus ou moins grande affluence selon les villes, comme en témoignent des images publiées sur les réseaux sociaux.

A Toulouse, entre vingt et trente personnes se sont réunies au rond-point emblématique de la "Socamil", au sud-ouest de la ville, avec des pancartes comme "Vivre, oui, survivre, non" ou "Pas de paix sans justice". Sur place, elles dénonçaient les "violences policières" ou encore la baisse du niveau de vie.

"On ne gagne même pas le SMIC horaire, on n'a même pas de travail à plein temps et nous avons trop d'enfants à notre charge pour pouvoir s'en occuper correctement", a expliqué une femme d'une trentaine d'années se présentant comme éducatrice.

Une cinquantaine de "gilets jaunes" se sont rassemblés dans l'après-midi au rond-point des Buers à Villeurbanne, banlieue de Lyon, a indiqué la préfecture, selon laquelle ils se sont rapidement dispersés.

En Vendée, ils étaient une vingtaine à se rassembler aux Herbiers pour rejoindre en opération-escargot un rond-point à La Roche-sur-Yon, selon Ouest-France.

Dans l'après-midi, de nombreux gilets jaunes se sont aussi rassemblés place de la Bastille à Paris pour manifester.

"Des mesures vont être prises"

Plusieurs députés LaREM ont déjà évoqué leur inquiétude quant à une possible reprise du mouvement, à l'image de Valérie Gomez Bassac qui a affirmé ce samedi sur notre antenne que "ce serait une catastrophe" pour l'économie.

"On sort d'une crise sanitaire, avec des conséquences sociales et économiques, s'il y a à nouveau les gilets jaunes tous les week-ends dans les rues, ça ne va aider personne" a-t-elle déclaré.

La députée a rappelé les mesures prises par le gouvernement pour geler le prix de l'électricité et du gaz, et ajouté que pour le carburant "des mesures vont être prises".

"Des discussions sont menées en ce moment donc je ne pense pas que ça justifie à nouveau la venue des gilets jaunes et j'ai bien peur qu'à l'approche de la présidentielle, ce soit plutôt une opposition politique que vraiment une défense des intérêts sociaux" a déploré la députée.

Emilie Roussey