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Manifestations

Affaire Theo: un appel au blocage des lycées lancé pour jeudi

Quarante personnes, dont 28 à Paris, ont été interpellées jeudi, en marge du rassemblement en soutien à Théo, selon la préfecture de police de Paris. La manifestation n'était pas autorisée par la préfecture de police.

Douze établissements parisiens étaient bloqués jeudi matin et seize perturbés avec l'installation de barrages filtrants dans les IVe, VIIIe, IXe, XIe et XIIe arrondissement. Il s'agit des lycées Dorian, Arago, Voltaire, Charlemagne, Sophie Germain, Chaptal et Naples. Les lycées Claude Bernard, Fénelon, Maurice Ravel, Claude Monet, Racine, Bergson et Colbert sont également concernés, où des poubelles ont été entassées. La direction de Jules Ferry a décidé de fermer l'établissement pour la matinée par mesure de sécurité. 

Une trentaine de CRS ont été déployés devant le lycée Bergson dans le XIXe arrondissement où en mars dernier un lycéen de 15 ans avait été frappé par un policier lors de la mobilisation contre la loi Travail. Des incidents ont également éclaté devant le lycée Voltaire, dans le XIe arrondissement, où des projectiles ont été lancés contre les forces de l'ordre. La situation est également tendue devant le lycée Maupassant à Colombes et au lycée Galilée à Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine.

40 interpellations

Un rassemblement de 800 à 1.000 personnes, selon le préfecture de police de Paris, a eu lieu place de la Nation. Certains accès au métro ont été fermés et la circulation a été coupée sur l'ensemble du secteur. Derrière une banderole "Vengeance pour Théo", des manifestants scandent "tout le monde déteste la police" alors que certains ont provoqué la police avenue Philippe-Auguste, l'une des artères de la place de la Nation. Quelques heurts ont éclaté avec des manifestants cagoulés visiblement venus pour en découdre avec les forces de l'ordre.

Quarante personnes, dont 28 à Paris, ont été interpellées jeudi, en marge du rassemblement en soutien à Théo, selon la préfecture de police de Paris. Trente-neuf ont été placés en garde à vue dans la foulée. Les interpellés l'ont été pour "vols en réunion" et "dégradations". Douze autres personnes ont été interpellées dans les Hauts-de-Seine et onze d'entre eux ont été placés en garde à vue.

Cette manifestation n'a pas été autorisée. Affichant le hashtag #BlocusPourThéo, la préfecture de police indique sur son compte Twitter qu'elle n'a reçu aucune déclaration pour cette manifestation et met en garde contre les "casseurs qui pourraient s'immiscer au sein de cet attroupement dans le but de commettre des dégradations". Treize interdictions de manifester à Nation ont également été délivrées par la préfecture.

Appel sur les réseaux sociaux

L'appel au blocage des lycées avait été lancé sur les réseaux sociaux pour dénoncer l'affaire Théo, ce jeune homme qui aurait été violé par un policier lors de son interpellation à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, au début du mois de février. Cet appel spontané, qui s'est élargi à toutes les violences policières, dans plusieurs établissements a été relayé par le Mouvement Inter Luttes Indépendant.

"Nous demandons justice pour Zyed, Bouna, Adama & tant d'autres victimes de la police, écrit le réseau sur sa page Facebook. Les lycéens sont nombreux à subir des contrôles aux faciès, c'est-à-dire racistes car se basant sur la couleur de peau."

Le Mouvement Inter Luttes Indépendant, un groupe de lycéens "antisystème et antifasciste", est un habitué des manifestations parisiennes. En 2014, il avait notamment participé aux blocages des lycées après la mort de Rémi Fraisse, ce militant qui a trouvé la mort sur le site du barrage de Sivens après le tir d'une grenade offensive par un gendarme.

"Pour se faire entendre, il faut perturber. Il n'y a que ça à faire, alors perturbons", expliquait à l'époque à RMC Jean, l'un des membres du collectif.
Justine Chevalier avec Mélanie Bertrand et Barthelemy Bolo