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Manif pour tous: le Conseil de l'Europe blâme la France

Les dérapages en marge de la manifestation des opposants au mariage homo, le 3 juin dernier.

Les dérapages en marge de la manifestation des opposants au mariage homo, le 3 juin dernier. - -

Le Conseil de l'Europe a regretté la répression policière de certaines manifestations. Si la Turquie est principalement visée, le recours au gaz lacrymogène en France est dénoncé.

Les militants de la Manif pour tous jubilent. Le Conseil de l'Europe a regretté jeudi des cas de "recours excessifs à la force" contre des manifestants. Si le texte vise surtout la Turquie, où les manifestations contre le régime d'Erdogan ont été réprimées dans la violence, il cite également l'utilisation en France de gaz lacrymogènes lors des récents défilés hostiles au mariage homosexuel.

Selon Le Figaro, la référence à la France ne figurait pas dans le texte d'origine, mais a été rajoutée par amendement à la demande de députés du parti popultaire européen. La résolution votée par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, composée de représentants des parlements des 47 pays membres du Conseil de l'Europe, demande aux autorités de "veiller à ce que l'action de la police, si elle est nécessaire, reste proportionnée" face à des manifestations.

"Répression" policière "inhabituelle et injuste"

Une victoire pour le collectif Manif pour tous, qui s'est, selon Le Figaro, "réjoui de la prise de conscience de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe sur les graves manquements aux libertés individuelles en France contre les opposants à la loi Taubira".

Le 3 juin dernier, les organisateurs de la Manif pour tous se disaient prêts à saisir la justice. Dénonçant la "répression" policière "inhabituelle et injuste" dont ont été victimes, selon eux, les sympathisants du mouvement contre le mariage homo, ils comptaient saisir "les autorités" sur ce sujet. Ils s'indignaient également de ce qu'ils qualifiaient d'arrestations "abusives". Un avocat du mouvement, Me Henri Beauregard, indiquait alors: "les fonctionnaires de police savent d'emblée qu'ils n'ont rien contre eux, que la qualification de l'infraction est fantaisiste, mais ils les maintiennent en garde à vue" avant souvent "de simples rappels à la loi".

"Un jeu politique"

Lors de manifestations contre l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples de même sexe, les forces de l'ordre françaises "ont, notamment, eu recours aux gaz lacrymogènes à l'encontre de manifestants pacifiques", souligne ce texte adopté par le vote suivant: 106 voix pour, 15 contre, 14 abstentions. "Quatre personnes ont été blessées et plusieurs centaines ont été arrêtées", poursuit-il.

L'Assemblée appelle les Etats "à mener des enquêtes diligentes concernant le recours excessif ou disproportionné à la force par des membres des forces de l'ordre" et "à élaborer des directives claires relatives à l'usage de gaz lacrymogène (gaz poivre)", à proscrire "dans des espaces confinés".

Interrogée sur la mention de la France dans le texte de l'APCE, la ministre des Droits des femmes française et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a estimé qu'elle résultait d'"un jeu politique" visant à "mettre sur le même plan un pays comme la France et un pays comme la Turquie". Pour la porte-parole du gouvernement l'"action des forces de l'ordre à cette occasion a été proportionnée et a visé à garantir tout simplement le respect de l'ordre public". Précisant enfin: "je crois qu'il ne faut pas donner plus d'importance que ça n'en mérite à cet amendement."

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M.R. avec AFP