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Lutte contre le crime: les dessous de la traque des fugitifs par Europol

L'organe européen de lutte contre le crime a lancé un vaste appel à témoins. L'occasion de découvrir comment se mène une traque internationale.

Europol vient de diffuser une liste des fugitifs les plus recherchés en Europe. Une liste où figure à la première place Salah Abdeslam, l'un des terroristes responsables présumés des attaques du 13 novembre à Paris et Saint-Denis. Mais quand un avis de recherche ne donne rien, comment retrouver un fugitif?

Une enquête classique

La recherche d'un criminel en fuite commence comme n'importe quelle enquête criminelle. Relevés d'empreintes, vérifications auprès de la famille et des lieux de chute connus, surveillance des comptes bancaires. Un travail préliminaire qui peut éviter la fuite de certains criminels, comme ce fut le cas par exemple d'Abdelhamid Abaaoud, localisé et abattu à Saint-Denis grâce à la surveillance effectuée sur sa cousine, Hasna Ait Boulahcen.

Comme l'expliquent les enquêteurs d'Europol, si les preuves physiques ne donnent rien, il faut attendre de trouver "le fil sur lequel tirer pour remonter la piste". Une attente qui peut parfois s'avérer longue, et il faut alors compter sur une erreur du fugitif ou de l'un de ses proches pour mettre le grappin sur le criminel en fuite.

Le piège de l'anniversaire

A Europol on le sait: un fugitif est souvent en manque de liens familiaux. Alors il faut guetter le moindre événement qui pourrait pousser un criminel à prendre contact avec ses proches, ne serait-ce que pour discuter quelques minutes au téléphone. Une situation qui s'est déjà présentée plusieurs fois. Bruno Le Boursicaud, membre de la Birgade Nationale de Recherche des Fugitifs explique ainsi qu'il n'est pas rare de voir un criminel se trahir à l'occasion d'un anniversaire.

"Après des années de cavale à l'étranger il éprouve le besoin de retrouver un peu son passé et va téléphoner à sa grand-mère ou c'est la grand-mère qui va faire l'erreur de l'appeler" explique le policier. "Cette erreur pour nous, c'est une chance" raconte Bruno Le Boursicaud qui précise qu'il a déjà observé ce cas de figure plusieurs fois.

Paul Aveline