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Loi Travail: l'Unef appelle à amplifier la mobilisation

Les syndicats étudiants et lycéens étaient reçus vendredi par le Premier ministre afin de discuter du projet de loi Travail, contre lequel ils se mobilisent. Peu satisfait, le président  de l'Unef William Martinet a appelé à continuer la mobilisation.

Les représentants des syndicats étudiants et lycéens étaient reçus vendredi à Matignon, deux jours après leur mobilisation pour exiger le retrait de la loi Travail.

Si William Martinet, président de l'Unef, s'est dit satisfait que le gouvernement accepte désormais de dialoguer avec la jeunesse, il affirme que la discussion ne s'est pas révélée satisfaisante. "Le désaccord reste entier", a-t-il expliqué à la sortie de son entretien avec Manuel Valls.

"On a pu échanger, on a pu affirmer nos désaccords sur le contenu de ce projet de loi, a résumé William Martinet. Mais ce gouvernement, sur toutes les questions qui sont centrales [...], sur toutes les problématiques qui font du projet de loi Travail un projet de loi qui va précariser les jeunes quand ils vont arriver sur le marché du travail, sur tous ces sujets finalement il n'y a pas de véritable discussion de fond."

Un discours un peu différent du président de la Fage, Alexandre Leroy. Selon lui, le gouvernement est prêt à discuter du retrait de certaines mesures. "On n'a pas de documents, on n'a pas d'engagement, on ne sait pas si ça va finalement être retiré, mais on nous dit que c'est dans la balance".

Les jeunes reprennent du pouvoir

"Ce rendez-vous nous conforte dans notre position: il y a besoin d'un rapport de force", a en tout cas affirmé William Martinet. Pour lui, le choix de Manuel Valls de finalement rencontrer les organisations de jeunesse signifie que "les lignes politiques commencent à évoluer".

"Il y a quelques semaines on nous expliquait que ce projet de loi ne concernait pas les jeunes, a rappelé William Martinet. Il y a encore quelques jours, on nous expliquait que ce gouvernement ne voulait pas discuter avec les organisations de jeunesse."

"La mobilisation en cours est extrêmement importante, ce gouvernement la craint, et ce gouvernement va y réagir", a-t-il ajouté. Selon lui, il est nécessaire que les lycéens et étudiants amplifient leurs actions, car "les jeunes commencent enfin à reprendre un petit peu de pouvoir." Une journée d'action des syndicats lycéens et étudiants est d'ailleurs prévue jeudi 17 mars.

"Il faut des assemblées générales dans toutes les universités, il faut des étudiants qui se rassemblent, qui débattent du projet de loi, qui préparent la mobilisation", a lancé le président de l'Unef.

Une ligne de conduite suivie par le syndicat lycéen UNL, dont la présidente Samya Mokhtar a d'ores et déjà annoncé la mobilisation le 17 mars. La Fage préfère pour sa part attendre les résultats des négociations entre le gouvernement et les syndicats professionnels, le 14 mars, avant de se décider sur un appel à la mobilisation le 17.

Nouvelle journée de mobilisation

Le point d'orgue de la lutte contre le projet de loi Travail reste néanmoins la prochaine journée de grèves et de manifestations, le 31 mars.

"Le rendez-vous qu'on vient d'avoir nous confirme que cette journée [du 31 mars] va être déterminante, si on veut aller jusqu'au bout, si on veut obtenir le retrait de ce projet de loi, a annoncé William Martinet. Pour vraiment discuter de ce que sont les revendications et les aspirations des jeunes sur le marché du travail, il y a besoin d'y avoir beaucoup de lycéens, beaucoup d'étudiants, beaucoup de salariés dans la rue le 31 mars."

Sept syndicats, dont l'Unef et deux instances lycéennes, ont appelé à la manifestation le 31 mars.

H. M.