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Les trois jihadistes présumés mis en examen à Paris et écroués

Les trois jihadistes présumés de retour de Syrie ont été mis en examen à Paris, ce samedi. (Photo d'illustration)

Les trois jihadistes présumés de retour de Syrie ont été mis en examen à Paris, ce samedi. (Photo d'illustration) - AFP

Les trois jihadistes arrivés "par erreur" à Marseille mardi ont été mis en examen ce samedi pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes". Selon leurs avocats, les trois hommes ne contestent pas s'être rendus en Syrie, mais ils nient avoir pris part à des combats avec des groupes jihadistes.

MISE A JOUR – Les trois jihadistes présumés ont été placés en détention provisoire, a-t-on appris ce samedi soir.

Les trois jihadistes présumés, qui se sont rendus aux autorités après être rentrés de Syrie sans être inquiétés, ont été mis en examen samedi par un juge antiterroriste à Paris, a indiqué l'un de leurs avocats, Me Pierre Dunac.

Les suspects ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes", a précisé l'avocat, selon qui les trois hommes contestent fermement tout projet terroriste en France. Un magistrat spécialisé devait encore statuer samedi sur leur placement en détention ou leur remise en liberté.

Retour rocambolesque de Turquie

Parmi les trois jihadistes présumés, figurent le beau-frère de Mohamed Merah, Abdelouahab El-Baghdadi, et l'un de ses amis d'enfance, Imad Jjebali, déjà condamné dans une affaire de filière jihadiste vers l'Irak en 2009.

Le retour rocambolesque des trois hommes, soupçonnés d'appartenir à une cellule jihadiste du sud-ouest de la France, avait mis le gouvernement dans l'embarras. Attendus mardi à Orly après leur expulsion de Turquie, où ils étaient revenus après leur séjour en Syrie, ils ont embarqué dans un autre avion et ont atterri à Marseille sans être inquiétés. Finalement, ils se sont rendus mercredi à la gendarmerie du Caylar, dans l'Hérault, et ont été déférés samedi, après trois jours de garde à vue.

Ils nient avoir combattu après de Daesh

Pour leurs avocats, les trois hommes ne contestent pas s'être rendus en Syrie mais nient avoir pris part à des combats avec des groupes jihadistes tels que l'organisation Etat islamique (EI). "Ils se sont aperçus là-bas (en Syrie) que ce n'était pas ce qu'ils pensaient et ont dû prendre la fuite pour rentrer", a expliqué Me Pierre Dunac, qui défend Imad Jjeballi.

"Mon client trouve légitime qu'on lui demande des explications sur ses pérégrinations en Syrie (...) Mais il ne présente pas un danger pour la France", avait déjà affirmé vendredi l'avocat d'Abdelouahab El-Baghdadi, Pierre Le Bonjour. "S'il avait quelque chose à se reprocher, il ne signalerait pas son retour en France et il ne se rendrait pas à la gendarmerie", avait-il ajouté.

Les trois suspects ont été mis en examen dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en septembre 2013. Dans cette enquête, concentrée sur le sud-ouest, deux hommes de 20 et 29 ans avaient déjà été mis en examen et écroués, soupçonnés de s'être rendus en Syrie. Les enquêteurs pensent que d'autres jihadistes, déjà condamnés avec Imad Jjebali en 2009, se sont aussi rendus en Syrie. Plusieurs des suspects gravitaient dans l'entourage de Mohamed Merah et ont appartenu à la filière d'Artigat, du nom d'un village de l'Ariège supposé être leur base de repli.

C. P. avec AFP