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Les JO 2024 à Paris n'accoucheront pas d'un "éléphant blanc"

L'esplanade du Trocadéro à Paris le 14 septembre 2017

L'esplanade du Trocadéro à Paris le 14 septembre 2017 - Ludovic Marin-AFP

Alors que de nombreuses installations olympiques sont laissées à l'abandon, comme à Athènes ou Rio, un spécialiste assure que les JO de Paris ne se transformeront pas en "éléphant blanc".

C'est officiel. Paris organisera les Jeux olympiques d'été en 2024, un siècle après que la capitale les a pour la dernière fois accueillis. Une bonne nouvelle pour la France qui attend 10,7 milliards d'euros de retombées économiques et la création de 247.000 emplois.

Le contre-exemple du Stade de France

Pour Pascal Perri, consultant économique à RMC Sport, ces JO ne doivent pas et ne deviendront pas ce qu'on appelle un "éléphant blanc". "Ce sont des constructions qui n'ont aucune fonction après l'événement sportif", indique-t-il pour BFMTV. "Il faut que cela puisse profiter ensuite à la population". Par comparaison, le consultant évoque la construction du Stade de France à l'occasion de la Coupe du monde de football en 1998, un contre-exemple.

"Les habitants de Saint-Denis n'y rentrent jamais. Il est sans club résident. C'est un fardeau pour le consortium qui le gère. Il faut faire exactement l'inverse."

Dans le cas des JO de Rio à l'été 2016, l'expression a été employée pour désigner les installations olympiques laissées à l'abandon, comme le stade Maracana, faute de moyens financiers. Pareil à Athènes, après les JO de 2004, où la plupart des installations construites ont été délaissées. Comme le rapporte un récent documentaire intitulé La Piste des éléphants blancs, 90% sont à l'abandon.

"L'éléphant blanc", une expression venant du bouddhisme

Un "éléphant blanc" désigne une réalisation d'ampleur, souvent conçue grâce à des fonds publics, mais qui se révèle ruineuse par son entretien ou son exploitation. Cette expression vient du bouddhisme. L'éléphant blanc, sacré, était une offrande prestigieuse dont la possession pouvait devenir coûteuse.

Avec un budget estimé à 6,6 milliards d'euros, dont 22% d'argent public, "ce qui est finalement peu", estime Pascal Perri, "on va vers des Jeux de la sobriété".

"On est dans une nouvelle formule de Jeux (...) Les dépenses somptuaires -Sotchi, Pékin, Rio- sont terminées (...) On va créer des commerces, des lieux de vie, des services, des emplois durables, avec un peu de fiscalité pour l'État. Quand on regarde les effets directs, indirects et induits, le solde sera positif."

Le village olympique transformé en logements

Le budget sera-t-il tenu? "On n'est pas au Brésil, il n'y a pas de corruption, il y aura une dimension sociale au cahier des charges d'aménagement du territoire, 95% des installations sportives sont là".

Pascal Perri évoque la construction du village olympique et du village des médias en Seine-Saint-Denis qui deviendront ensuite des logements "dans une région où l'offre est insuffisante". Et ajoute: "je ne crois pas qu'il y ait matière à dérapage". Ou à "éléphant blanc".

Céline Hussonnois-Alaya