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Le fléau de la pub sauvage à Paris

Des agents de la mairie de Paris sont chargés de nettoyer les affichages sauvages.

Des agents de la mairie de Paris sont chargés de nettoyer les affichages sauvages. - BFM Paris

Pour être visibles, les marques et les artistes s'affichent sur les murs de la capitale. Ces affiches, collées illégalement, provoquent la colère des élus et de certaines associations.

Sur des murs entiers, ces publicités sauvages s'affichent dans la capitale. Marques de vêtements, de parfum, de smartphone ou annonceurs de concerts, pratiquent ces affichages sauvages illégaux parfois sur des murs entiers. Un jeu du chat et de la souris avec les agents de la propreté de la mairie de Paris, chargés de nettoyer ces espaces squattés par la publicité.

Pour nettoyer un mur de 30 m2 recouvert d'un "mille-feuille" d'affiches, 1 heure de travail et 1.000 litres d'eau sont nécessaires. L'amende encourue de 68 euros pour affichage sauvage est loin de décourager les marques d'envahir les rues de la capitale. La mairie de Paris tente alors de taper au portefeuille, en facturant les interventions. 

Jusqu'à 15.000 euros facturés pour un nettoyage

"Ce qu'on essaye de faire le plus possible c'est de constater qu'on a ces affiches et ensuite de les faire payer non pas juste aux colleurs d'affiche mais bien aux marques, les frais de désaffichage, les frais d'opération", explique à BFM Paris Paul Simondon, maire-adjoint en charge de la Propreté. 

"On n'arrive pas à rentrer complètement dans nos frais, mais on arrive à facturer 500 euros par intervention, plus en fonction de la surface une somme au mètre carré. Sur une surface importante on va être sur quelques milliers d'euros et sur une très grande surface on peut être sur du 10.000 à 15.000 euros", précise l'élu. 

Même si la mairie de Paris a récemment réhaussé les tarifs, la facture est visiblement toujours trop faible comparé aux revenus issus de ces campagnes d'affichage sauvage pour les marques. 

"Là on a 12 affiches de Vanessa Bruno, qui a clairement les moyens de se payer des campagnes dans le métro, en plus grand en plus. Là, ils font ça pour moins cher", déplore Tanguy, membre de l'association Résistance à l'agression publicitaire. 

"Qui se frotte les mains à la fin?"

Les plus grands groupes ont recours à ces pratiques, à l'image de l'Américain Amazon qui s'est offert en septembre dernier l'un des murs de la capitale pour promouvoir sa nouvelle série. Un affichage sans autorisation, pointé du doigt sur Twitter par Alexandra Cordebard, la maire du 10e. Malgré la dénonciation de cette pratique, les agences assument. 

"Madame le maire se dit qu'elle va influencer les autres agences de communication en street-marketing en disant faites attention, si vous refaites des opérations de ce type, je vais vous épingler et vous envoyer la facture. Or la note est savamment calculée par les agences de communication. En faisant cette opération, madame le maire retweete, va permettre à d'autres acteurs de retweeter", constate Marcel Saucet, directeur de l'agence Street-Marketing.

"Qui se frotte les mains à la fin? Amazon et l'agence de pub", conclut-il. 

Florian Chevallay, Margaux Boddaert, Sophie Béchir avec Carole Blanchard