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Société

Paris hausse le ton contre la publicité sauvage

La mairie a décidé de partir en guerre contre l’affichage publicitaire non autorisé dans la capitale. Elle demande un renforcement des sanctions contre les marques et les entreprises de communication qui ont fait de ces campagnes d'affichage un business.

Sur les façades en rénovation, sur les armoires électriques, les piliers de pont ou à même le trottoir, les affichages sauvages sont partout. Sur le boulevard Montmartre à Paris c'est toute un mur qui est occupée par des affiches grand format et jusqu'à plusieurs mètres du sol. Un affichage en-dehors des espaces publicitaires prévus à cet effet, totalement illégal. Avec l'association Résistance à l'agression publicitaire, Thomas Bourgenot dénonce ce phénomène.

"Il y a quelques agences de publicité qui se sont dit il y a un créneau à prendre, parce que c'est très peu sanctionné. Pour les grandes marques, ça a un côté sulfureux, street art, donc c'est très intéressant, c'est une image un peu rebelle qu'ils peuvent rechercher", explique-t-il.

Une image urbaine et transgressive proposée par des agences de publicité qui assument totalement le caractère illégal de ces campagnes. L'une d'entre elle arbore par exemple sur son site internet des photos de sa campagne pour une marque de vêtement pendant la fashion week, avec Pharrell Williams comme égérie. Des campagnes avec un risque de sanction assez peu dissuasif. Le code de l'environnement prévoit en effet une amende de 1.500 euros, un coût qui serait d'ailleurs compris dans la prestation des agences, assure l'association Résistance à l'agression publicitaire. 

Un jeu du chat et de la souris

Autre difficulté pour les autorités, l'enlèvement des publicités ne peut se faire qu'après un certain délai.

"En fait la mairie joue un peu au jeu du chat et de la souris avec ces afficheurs. Ils nettoient et le lendemain il y a de nouveau des affiches, sachant que la mairie doit attendre 15 jours entre le constat de l'affichage et le moment où ils peuvent intervenir", explique Thomas Bourgenot.

La procédure prévue par la législation laisse ce délai pour permettre à l'auteur de l'affichage de procéder à la remise en état. Une situation qui laisse la mairie démunie et qui a décidé de taper du poing sur la table. Mardi, le Conseil de Paris a décidé d'en appeler à la préfecture et au gouvernement pour renforcer les sanctions.

"Il faut que ces boîtes de communication qui font la totalité de leur activité sur des choses illégales soient condamnées, interdites, voire dissoutes s'il y a besoin. Il faut que les marques qui utilisent ces canaux-là puissent avoir des sanctions qui soient largement au-delà des sanctions financières, pour qu'ils soient dissuadés de le faire. On ne peut pas fonder une activité économique uniquement sur des choses illégales", plaide Mao Peninou, adjoint au maire en charge de la propreté.

Dans l'immédiat, la mairie de Paris demande à pouvoir sanctionner dès qu'une publicité illégale est constatée. Pour le moment, elle se contente d'envoyer la facture du nettoyage aux grandes marques, près de 150.000 euros en 2016.

C. B avec Barthélémy Bolo