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Société

La consommation de drogues en augmentation chez les jeunes

15% des jeunes de 14 à 24 ans auraient déjà consommé du cannabis

15% des jeunes de 14 à 24 ans auraient déjà consommé du cannabis - MARTIN BERNETTI / AFP

Une vaste enquête sur les jeunes et les addictions tire le signal d'alarme sur la consommation de drogues "dures" chez les 14-24 ans.

C'est un fléau qui inquiète les experts. Selon une enquête sur les jeunes et les addictions, réalisée par la Fondation Gabriel Péri, la Fondation pour l'innovation politique et les Fonds Actions Addictions, 15% des jeunes de 14 à 24 ans admettent avoir déjà consommé du cannabis, et 4% d'autres produits tels que la cocaïne, l'ecstasy, la MDMA ou le GHB.

Dans le détail, l'étude révèle que 340.000 jeunes de 14 à 17 ans (3%) auraient déjà touché à une drogue "dure" (cocaïne, ecstasy...). Une proportion qui grimpe à 5% chez les 18-24 ans. Dans cette dernière classe d'âge, 3% en consommeraient même au moins une fois par semaine.

"Facile" de se procurer une drogue dure pour un jeune sur deux

"L'enquête confirme l'importance de la consommation de produits licites et illicites, mais l'augmentation de la consommation des drogues festives (ecstasy, cocaïne...) qui apparaît d'un peu plus du double que dans les enquêtes habituelles, suscite une inquiétude particulière", estime le président du Fonds Actions Addictions, Michel Reynaud.

Selon les jeunes interrogés, se procurer de la drogue serait presque un jeu d'enfant. 69% d'entre eux considèrent qu'il est "facile" d'obtenir du cannabis (64% des 14-18 ans), et 46% qu'il est aisé d'obtenir de la cocaïne, de l’ecstasy, de la MDMA ou du GHB (34% des 14-18 ans).

Alarme sur les parents

L'étude pointe également la méconnaissance du côté des parents des dangers liés à la consommation de drogues. Ainsi, "moins des deux tiers (59%) des parents interrogés considèrent qu’il est dangereux de consommer de la cocaïne, de l’ecstasy, de la MDMA ou du GHB, quelle que soit la fréquence", stipule le rapport. Tout aussi inquiétant, un parent sur cinq (20%) jugerait que ces drogues n'engendrent un danger qu'en cas de consommation quotidienne. 

Et c'est encore pire du côté des jeunes: seulement un sur trois (33%) identifie ces consommations de drogues "dures" comme un danger quelle que soit la fréquence. Ils sont tout de même plus de 9 sur 10 à avoir conscience que la consommation de drogues "dures" peut conduire à la dépendance, la dépression, à des accidents de la route, des problèmes financiers ou encore à l'échec scolaire ou professionnel.

Enquête réalisée par Ipsos entre le 30 mars et le 5 avril pour le Fonds Actions Addictions, la Fondation Gabriel-Péri et la Fondation pour l'innovation politique, soutenus par le groupe mutualiste VYV. Ont été interrogés 1.000 jeunes de 14 à 24 ans et deux autres échantillons représentatifs: 2.005 adultes de 18 ans et plus, et 402 parents d'enfants de 14 à 24 ans. 

Céline Penicaud avec AFP