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Infanticide de Berck: Fabienne Kabou condamnée en appel à 15 ans de réclusion criminelle

Croquis d'audience représentant Fabienne Kabou, le 20 juin 2016 à Saint-Omer dans le Pas-de-Calais

Croquis d'audience représentant Fabienne Kabou, le 20 juin 2016 à Saint-Omer dans le Pas-de-Calais - BENOIT PEYRUCQ, AFP/Archives

La femme de 40 ans a été diagnostiquée comme étant "malade mentale" par trois psychiatres.

Fabienne Kabou, accusée d'avoir assassiné sa fillette en l'abandonnant à marée montante sur une plage de Berck (Pas-de-Calais) en 2013, a été condamnée vendredi à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d'appel du Nord, à Douai.

La peine prononcée par la cour, qui a retenu l'altération du discernement, a été assortie d'un suivi socio-judiciaire de huit ans avec injonction de soins. En première instance, Fabienne Kabou avait été condamnée à 20 ans. L'avocate générale avait requis jeudi en appel 18 ans de réclusion criminelle.

"Malade mentale"

Selon ses aveux, Fabienne Kabou, 40 ans, s'était rendue le 19 novembre 2013 de son domicile de Saint-Mandé, en région parisienne, à Berck dans le but de noyer la petite Adélaïde - qui n'aura pas eu d'existence légale, faute d'avoir été inscrite à l'état civil.

La responsabilité pénale de l'accusée, une personnalité jugée par tous comme "très intelligente" mais aussi "déroutante", a été, comme en première instance, au centre de ce nouveau procès qui a débuté vendredi dernier. Ainsi, les experts se sont succédé à la barre pour tenter d'éclairer la cour sur sa personnalité.

Si tous ont retenu l'altération du discernement au moment des faits, des psychiatres ont estimé que Fabienne Kabou était "malade mentale", alors que des psychologues ont affirmé qu'il n'y avait chez elle qu'une "structure névrotique". 

"Guidée" par une "énergie malveillante"

Pour la défense, pas de doute, Fabienne Kabou est bien "malade": "Juger c'est comprendre, elle est malade. Trois psychiatres l'ont dit, ils la mettent sur le fil du rasoir de l'abolition du discernement", a ainsi lancé lors de sa plaidoirie Maître Frank Berton aux jurés.

Pour tenter d'expliquer son geste, Fabienne Kabou, qui encourait la réclusion criminelle à perpétuité, a affirmé devant la cour avoir été "guidée" par une "énergie malveillante". 

"Quelque chose, ou quelqu'un, a agi en moi pour assassiner ma fille. Un peu comme si quelqu'un avait commandité sa mort, par mes mains", a-t-elle expliqué le premier jour.

La sorcellerie ? Des explications "de pure opportunité", a balayé l'avocate générale, Pascale Girardon.

S. Z. et C. P. avec AFP