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Fillette noyée à Berck-sur-Mer: la mère a-t-elle prémédité son geste?

Des habitants de Berck-sur-Mer participent à une marche blanche en mémoire d'Adélaïde, le 30 novembre 2013.

Des habitants de Berck-sur-Mer participent à une marche blanche en mémoire d'Adélaïde, le 30 novembre 2013. - François Lo Presti - AFP

La mère d'Adélaïde, la fillette retrouvée morte noyée en novembre 2013 sur une plage de Berck-sur-Mer, sera jugée cet hiver devant la cour d'assises du Pas-de-Calais. L'enquête de la justice a déterminé qu'elle avait agi avec préméditation.

L'affaire avait ému la France entière. En novembre 2013, le corps d'une fillette de 16 mois était retrouvé sur une plage de Berck-sur-Mer. L'enquête avait rapidement déterminé la responsabilité de la mère d'Adélaïde, Fabienne Kabou, par la suite mise en examen pour assassinat. Mardi, le juge d'instruction a signé l'ordonnance de mise en accusation qui renvoie la mère devant la cour d'assise du Pas-de-Calais.

Le discernement de la mère était altéré

L'ordonnance, que Europe 1 s'est procuré, révèle les conclusions de l'enquête de la justice. On y apprend notamment que Fabienne Kabou a, selon les enquêteurs, prémédité son geste. Elle avait consulté les horaires des marées avant de se rendre à Berck-sur-Mer avec sa fille, sans repas ni couches de rechange. Des témoins ont expliqué qu'une fois sur place, elle n'avait qu'un objectif: trouver la plage.

L'ordonnance donne également les conclusions des deux expertises psychologiques de Fabienne Kabou. Selon Le Parisien, si les deux collèges d'experts qui l'ont examinée estiment que son discernement était altéré au moment où elle est passée à l'acte, ils sont partagés sur les causes. Pour les uns, la mère a été influencée par des "croyances se situant dans un registre de sorcellerie". Pour les autres, elle souffrirait de "psychose délirante chronique". Tous sont pourtant d'accord pour dire qu'elle est apte à être jugée.

Une enfant sans existence légale

Un moment important du procès, qui doit débuter cet hiver, sera la confrontation entre Fabienne Kabou et son compagnon, le père d'Adélaïde. Après son arrestation, la mère avait tenté d'expliquer son geste par l'extrême solitude dans laquelle elle vivait. Elle reprochait à son compagnon ne jamais s'occuper de sa fille, un "obstacle" à leur vie de couple. Le père, lui, a toujours réfuté ces accusations, déclarant s'occuper régulièrement de la fillette et avoir même proposé d'épouser sa compagne.

Adélaïde n'avait pourtant jamais été déclarée à l'état civil, et le couple n'avait pas annoncé sa naissance à ses proches. Dans leur loft de Saint-Mandé, où Fabienne Kabou avait mis sa fille au monde, les enquêteurs ont trouvé peu d'objets témoignant de la présence d'un bébé. Autant d'indices qui ont laissé peu de doutes à la justice sur la responsabilité de Fabienne Kabou. Selon son avocate, citée par Europe 1, celle-ci espère toutefois que les jurés comprendront les causes de son geste.

Hélène Millard