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La mère de la fillette noyée à Berck, mise en examen

La femme arrêtée serait bien la mère de la fillette.

La femme arrêtée serait bien la mère de la fillette. - -

La femme de 36 ans a été mise en examen pour assassinat, et placée en détention provisoire.

La mère de la fillette tuée, déférée à Boulogne-sur-Mer samedi, s'était rendue à Berck, dans le Pas-de-Calais, pour "mettre fin aux jours de son enfant", Adélaïde, 15 mois, a indiqué le parquet dans un communiqué.

Samedi soir, elle a a été mise en examen pour assassinat et placée en détention provisoire, a indiqué son avocate Me Fabienne Roy-Nansion à la sortie du tribunal de Boulogne-sur-Mer.

La jeune femme "réalise ce qu'elle a fait" et exprime des remords", a rapporté son avocate Me Fabienne Roy-Nansion devant le tribunal de Boulogne-sur-Mer, ajoutant que sa cliente, une femme "particulièrement intelligente" et "qui s'exprime bien", a fait part de "remords".

"Elle ne cherche pas à se trouver des excuses. Au contraire, elle dit n'être pas défendable", a ajouté l'avocate, après la mise en examen pour assassinat de sa cliente.

Me Roy-Nansion a évoqué "une jeune femme au profil psychologique tout à fait étonnant, qui s'est expliquée complètement sur son acte, (...) qui dit avoir aimé profondément sa fille, qui analyse son geste, tente de l'analyser", et qui "dans un moment de détresse, d'isolement, de solitude absolue est passée à l'acte".

"Déposée vivante sur la plage"

Au cours de sa garde à vue, la mère "a expliqué qu'elle s'était rendue le 19 novembre 2013 à Berck dans le but de mettre fin aux jours de son enfant", est-il expliqué. "Elle l'a déposée vivante sur la plage alors que la marée montait". "Elle ne s'était jamais rendue dans cette ville, dont seul le nom a retenu son attention", précise encore le parquet.

Après avoir laissé sa fille, elle est rentrée à son domicile, qu'elle n'a plus quitté, hermétique au moindre appel à témoins. La fillette serait née le 9 août 2012 en région parisienne.

"Elle relate les difficultés qu'elle rencontrait dans la prise en charge quotidienne de la fillette, peu compatibles avec sa vie de couple", rapporte le parquet.

La jeune femme, Fabienne Kabou, 36 ans, est d'origine sénégalaise et de nationalité française, selon le parquet. Elle est arrivée vers 14 heures 15 au parquet de Boulogne-sur-Mer où un juge d'instruction doit la mettre en examen pour "assassinat", soulignant la préméditation du geste.

Le parquet a demandé son placement en détention provisoire. Les enquêteurs ont identifié la suspecte grâce à des témoignages obtenus après diffusion de communiqués et aux recoupements faits à partir des fichiers de police : la jeune femme était inscrite au Fichier national des étrangers.

Marche blanche

Sans travail, sans ressources, étudiante en philosophie, elle vit à Saint-Mandé avec un homme de 63 ans à qui elle a expliqué à son retour avoir remis sa fille à sa mère pour qu'elle soit prise en charge au Sénégal.

"Lui aussi affirme qu'il n'a eu aucun écho de la disparition de l'enfant", dit le parquet. Le compagnon serait le père de l'enfant, a précisé le parquet qui dit toutefois ne pas en avoir la preuve.

Le corps de l'enfant, âgé d'environ un an, avait été découvert le 20 novembre par des pêcheurs de crevettes, au petit matin, sur la plage de Berck. L'autopsie avait révélé "un oedème pulmonaire vraisemblablement consécutif à une noyade". Depuis, les enquêteurs tentaient de connaître son identité et celle de sa mère.

Jeudi, le procureur de Boulogne-sur-Mer, Jean-Pierre Valensi, avait officialisé l'ouverture d'une information judiciaire pour "meurtre". Hébergée chez un homme à Saint-Mandé, en banlieue parisienne, la mère avait été interpellée à son arrivée à ce logement et placée en garde à vue vendredi vers 18 heures. Elle aurait expliqué dans un premier temps être la mère d'une fille née en août 2012 mais assuré que sa propre mère avait emmené la fillette au Sénégal.

A.D. et M. R. avec AFP et Mélissa Collado et Olivier Saint-Paul (vidéo)