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Incendie de Rouen: qu'est-ce qu'un site classé Seveso? 

L'usine de "La grande paroisse" (groupe Total) à Mazingarbe, classée Seveso. (image d'illustration)

L'usine de "La grande paroisse" (groupe Total) à Mazingarbe, classée Seveso. (image d'illustration) - DENIS CHARLET / AFP

En France, on estime à près de 1200 ces sites étroitement surveillés en raison de leur activité.

C'est en pleine nuit, ce jeudi, qu'un violent incendie s'est déclenché dans une usine Lubrizol, classée Seveso seuil haut, dans le département de Seine-Maritime. En raison de l'imposant nuage noir qui s'échappe encore ce matin du sinistre, qui n'a pas fait de victimes, le préfet de Normandie Pierre-André Durand a invité les habitants de douze communes, dont Rouen, à rester confinés chez eux. 

  • En 1976, le drame de Seveso

Car la nature même de cette usine, spécialisée dans les hydrocarbures et les additifs d'huiles, suffit à accroître la vigilance des autorités. Créée en 1982, la première directive européenne Seveso impose en effet aux États membres de l'Union européenne d'identifier leurs sites industriels, dont des usines, qui présentent des risques d'incidents majeurs. Ils sont un peu moins de 1200 en France

Pour comprendre l'origine du nom de cette directive, il faut remonter au cœur des années 1970. En 1976, à Seveso, dans le nord de l'Italie, un grave incident touche en effet une usine chimique, de laquelle s'échappe un nuage d'herbicide contenant plusieurs substances toxiques. Si l'incident n'a pas fait de victimes, plusieurs enfants ont été hospitalisés et des milliers de bêtes d'élevage ont trouvé la mort dans les environs directs. 

  • Différents seuils de classement

Dès lors, les autorités européennes ont décidé de prendre à bras-le-corps le problème de prévention de ce type de sites industriels. Ainsi, ces derniers ont été divisés en deux catégories, les établissements "seuils bas" et "seuil haut", catégorisés en fonction de l'activité, des substances traitées et de leurs phrases de risques (annotations utilisées à l'époque pour classifier les substances chimiques et leurs risques, ndlr). 

Au fil des années, cette classification a évolué, incluant de nouveaux critères de prévention. En 1996, une directive Seveso 2 a remplacé l'initiale puis, en 2012, une ultime directive, Seveso 3, concerne désormais 10.000 sites sur l'ensemble du continent européen. 

  • Vers un renforcement de la sécurité? 

En France, on estime à près de 1200 les sites classés Seveso classés sous haute surveillance par l'exploitant, mais aussi par les autorités publiques. En cas d'incident comme celui de ce jour en Seine-Maritime, des PPRT, Plans de prévention des risques technologiques, ont été mis en place ces dernières et ont, entre autres, le pouvoir d'exproprier les habitants des zones les plus à risques. 

En 2015, la ministre de l'environnement d'alors, Ségolène Royal, avait appelé à un renforcement des sites Seveso. Un questionnaire de l'Ineris (Institut national de l'environnement industriel et des risques), avait permis par exemple la mise en place de nouveaux exercices sur les bons gestes à adopter en cas d'incidents, sur un ensemble de sites volontaires, souligne le site Natura-Sciences

Hugo Septier