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Incendie à Rouen: "160 fûts dans un état délicat" doivent être évacués de l'usine Lubrizol

Cinq jours après l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, le préfet de Normandie doit rendre publique, ce mardi soir, la liste complète des produits entreposés dans les bâtiments de l'entreprise qui ont brûlé.

Les questions sont encore nombreuses, cinq jours après le terrible incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, et les autorités ont du mal à rassurer la population, dont les inquiétudes sont nourries par le souvenir d'anciens scandales sanitaires et les fake news circulant sur les réseaux sociaux. Ce mardi après-midi lors d'une conférence de presse, le préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, a tenté de répondre à certaines d'entre elles.

  • La liste des produits brûlés dans l'entreprise dévoilée sur le site internet de la préfecture

Parmi les interrogations des Rouennais, l'une, persistante, concerne la liste des produits stockés au sein de l'entreprise. Lubrizol fabrique des additifs servant à enrichir les huiles, les carburants et les peintures. 

L'ensemble de ces substances contenues dans les bâtiments de l'usine qui ont brûlé va être dévoilé par le préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, ce mardi soir, sur le site internet de la préfecture.

"Normalement ces produits ne sont pas publiables, pas publics, mais par exception, compte tenue de la gravité du sinistre, le Premier ministre a tenu à la levée du secret", a indiqué le préfet.
  • Pas de risque avéré en lien avec l'amiante selon les premiers résultats

Le directeur de la Direction Régionale de l'Environnement, Patrick Berg, a également indiqué lors de cette conférence de presse que les fibres d'amiante dans l'air, dangereuses pour la santé, ont été détectées à un "niveau extrêmement faible".

"Deux campagnes de relevés ont été réalisées. Les résultats des premiers prélèvements sont tous négatifs. On ne détecte aucune fibre d'amiante sur les surfaces. Concernant les prélèvements dans l'air, on est à un niveau extrêmement faible", a-t-il expliqué. 

Selon lui, "avec cette première série de relevés, il n'y a pas de risque avéré en lien avec l'amiante". 

  • Le fibrociment va être éliminé par des entreprises spécialisées

Patrick Berg a également abordé le sujet du fibrociment, à savoir le matériau qui couvrait la toiture de ces entrepôts. Un expert de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) a expliqué que les fûts de l'usine, sous l'effet de la chaleur, ont explosé et fracassé la toiture. Des fragments de la toiture en fibrociment ont donc été projetés dans l'air "par un effet mécanique". 

"Les riverains qui trouvent dans leur propriété un morceau de fibrociment ne doivent pas y toucher. Un protocole d'élimination est en train d'être mis au point. Des entreprises spécialisées se chargeront d'éliminer les fragments de toiture en fibrociment", a souligné le directeur de la Direction Régionale de l'Environnement.
  • Près de 160 fûts dans un état délicat doivent encore être évacués

Concernant les mauvaises odeurs senties par les Rouennais, le préfet de Seine-Maritime a indiqué qu'elles pouvait provenir de deux sources. 

La première est une nappe d'hydrocarbures, d'huile, d'eau et de mousse, qui résulte du sinistre, et dont le pompage va commencer pour la dégager. 

La deuxième est constituée par des fûts endommagés. "Il y avait un entrepôt comportant de nombreux fûts. Il en restait de l'ordre de 1000, dont 160 en état délicat pour lesquels un protocole d'intervention est en cours de finalisation", a révélé Pierre-André Durand.

Le protocole d'engagement des opérations a finalement été signé par le préfet ce mardi, selon un communiqué de presse du Service régional et départemental de la communication interministérielle. 

Pour enlever les fûts endommagés, une tente fermée de 55 mètres sur 25 mètres sera déployée sur la zone les contenant. La tente sera reliée à un dispositif pérenne dont est équipé le site pour l'élimination des émissions de mercaptan et d'hydrogène sulfuré, deux gaz à l'odeur nauséabonde. Sous la tente, les fûts seront déplacés dans une benne appropriée en les manipulant à l'aide d'une pelle à pinces. Des brumisateurs d'eau seront, enfin, installés autour de la tente pour intercepter les éventuelles molécules odorantes résiduelles..

"Nous espérons que par le traitement de ces deux sources nous parviendrons d'ici la fin de la semaine d'avoir réduit considérablement ces odeurs inconfortables", a conclu le préfet. 
Clément Boutin