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Ils ont fait l’événement - La préfète Nicole Klein, "occupée jour et nuit" par Notre-Dame-des-Landes  

Salhia Brakhlia revient sur l’actualité de l’année avec ceux qui l’ont faite. Aujourd’hui, elle rencontre Nicole Klein, préfète de Loire-Atlantique, qui revient sur l’évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes.

Elle était au cœur de l’évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, en avril dernier. Nicole Klein, préfète de Loire-Atlantique, a encadré les opérations après l’abandon du projet d’aéroport. Quatre mois plus tard, elle revient sur cette période sensible au micro de Salhia Brakhlia pour BFMTV, et sur le travail que l’évacuation a représenté:

"Ça m’a occupée jour et nuit pendant très longtemps, pendant six mois. Il fallait que j’arrive à aller le plus loin possible sur ce dossier (…) Je m’y suis beaucoup investie et ça valait la peine", explique-t-elle.

"Personne n'aurait voulu être à ma place"

"Je savais que ça allait être très compliqué, et c’est un moment (…) où personne n‘aurait voulu être à ma place", explique-t-elle. Lorsque les opérations commencent, le 9 avril, elle "retrouve des gendarmes casqués, bottés, des grenades":

"Mais il ne faut pas oublier que de l’autre côté, on a aussi des gens qui interviennent sur le mode black bloc, qui portent une raquette pour renvoyer les grenades. Donc la violence (…) est aussi du côté des zadistes."

Lors de l’évacuation, et des échanges musclés entre zadistes et forces de l’ordre, la préfète est en contact avec le gouvernement: "Le ministre de l’Intérieur très souvent, parce qu’on est sur des sujets d’ordre public, mais j’ai eu aussi le ministre Nicolas Hulot, qui m’a fait confiance aussi. Je pense que ma force était de connaître le dossier, de le connaitre très bien, depuis longtemps, donc ils m’ont fait confiance."

"Ce n'est pas terminé"

L’État a offert la possibilité aux occupants de la Zad de présenter des projets pour la zone, afin de leur attribuer des baux: "Ils l’ont fait", se félicite Nicole Klein. "Pour la première fois depuis des années, on savait en grande partie qui se trouvait sur ce qu’on a appelé la Zad, et ce qu’ils comptaient faire. Et puis on a trouvé qu’une quinzaine de projets étaient parfaitement viables et acceptables."

Si "la situation est apaisée", elle estime que "ce n’est pas terminé": "On rentre progressivement dans un État de droit. Je pense que tout le monde a compris que le rôle de l’État était indispensable dans cette affaire-là."

B.P. avec Salhia Brakhlia