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Hébergement des migrants: pourquoi 77.310 HLM sont-ils vides?

Le parc social français des HLM compte plus de 77.000 logements vacants.

Le parc social français des HLM compte plus de 77.000 logements vacants. - Miguel Medina - AFP

Le Haut comité pour le logement suggère de mettre à disposition des familles migrantes une partie des 77.310 logements sociaux vacants. Des appartements vides car situés dans des petites villes, où il n'y a pas de demande.

Le chiffre en a fait bondir certains: quelque 77.310 logements sociaux sont actuellement vides en France. La présidente du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, Marie-Arlette Carlotti, a révélé cette information il y a quelques jours dans une tribune du Plus-L'Obs, suggérant de les mettre à disposition des migrants pour leur "proposer des solutions pérennes".

La France s'apprête en effet à accueillir près de 24.000 réfugiés sur les deux prochaines années, fuyant principalement la Syrie, l'Irak et l'Erythrée. L'hébergement de ces populations fait l'objet actuellement de réflexions au sein du gouvernement. Manuel Valls doit notamment dévoiler de nouvelles mesures pour renforcer les centres d'accueil des demandeurs d'asile. 

Des logements dans des zones peu attrayantes

Outre cette préoccupation de l'hébergement des migrants, le nombre de logements sociaux vacants interpelle, d'autant plus au regard de 1,8 million de personnes sur liste d'attente. Mais en réalité, cette situation s'explique par la répartition géographique de ce parc social, comme l'explique René Dutrey, secrétaire général du Haut comité pour le logement des défavorisés

"Ces logements sont situés dans des secteurs en France où la demande est très faible. Ces secteurs comprennent des petites et moyennes villes un peu partout en France. On peut y obtenir un logement en moins de trois mois car il y a très peu de personnes en attente", explique le responsable sur RMC.

Ces logements sont principalement "individuels mais situés dans des immeubles collectifs", poursuit-il. "Et certains bailleurs en demandent même la destruction car ils sont vides et coûtent cher en gestion". Une situation "ubuesque", admet-il, mais "on ne peut pas déplacer de force des gens qui veulent vivre à Paris et les envoyer en Auvergne. On doit respecter les désirs de chacun". Résultat: à Paris, Lyon, Marseille ou encore Toulouse, la demande de logements sociaux explose. 

Une vague similaire à "l'arrivée des Cambodgiens"

"Dans le cas des réfugiés, c'est différent", explique-t-il. D'autant que d'après la loi en France, les migrants ne peuvent pas travailler durant les neuf premiers mois de séjour sur le territoire. Une interdiction qui permet toutefois plus facilement de vivre dans des zones où l'emploi est plus rare.

René Dutrey rappelle que cette vague de migrants "n'a rien de nouveau. C'est ce qui s'est passé pour l'accueil des Cambodgiens à la fin des années 70," qui fuyaient le régime dictatorial des Khmers Rouges.

"On en a accueilli près de 120.000 en France. Ils étaient des boat people. Ils ont à l'époque été amenés à Paris, puis répartis sur l'ensemble du territoire avec un accompagnement individuel. Aujourd'hui, ils sont complètement intégrés dans la population."

Alexandra Gonzalez