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Où seront logés les 24.000 réfugiés en France?

Une famille originaire d'Irak arrive à Bellegarde-sur-Valserine, dans l'Ouest de la France.

Une famille originaire d'Irak arrive à Bellegarde-sur-Valserine, dans l'Ouest de la France. - Jean-Philippe Ksiazek - AFP

L'arrivée de 24.000 réfugiés en France soulève la question concrète du logement. Dans quelles structures les accueillir, et combien l'opération coûtera-t-elle?

François Hollande l’a annoncé lundi lors de sa conférence de presse semestrielle: la France va prendre sa part dans l’accueil des réfugiés venus
pour la plupart de Syrie, d'Irak et d'Erythrée. Ils seront 24.000 à arriver en France dans les deux prochaines années, et 1.000 d’entre eux doivent être accueillis en urgence sur le territoire très prochainement pour soulager l'Allemagne. Des chiffres qui s’ajoutent aux 9.000 personnes que la France s’était déjà engagée à accueillir cet été. 

Aux 1.000 réfugiés arrivés en urgence, puis à ceux qui leur succéderont ces deux prochaines années, c’est une solution provisoire qui sera d'abord proposée: ils seront installés dans une dizaine de centres d’accueil d’urgence, dont la plupart sont situés en Ile-de-France. Puis les villes de Pau, Villeurbanne, Rennes, Strasbourg, Bordeaux, Metz, Lille, Rouen, Cherbourg et Nancy se sont déjà portées volontaires pour les accueillir de façon pérenne dans un second temps.

Les élus de ces villes seront reçus samedi 12 septembre par le ministre, qui a annoncé la nomination d’un "coordinateur national" chargé d’établir le dialogue avec eux et de les aider à s’organiser. Strasbourg a déjà commencé à recenser les bâtiments inoccupés de la ville, et Saint-Denis propose notamment d’occuper des centres de vacances municipaux vides pendant l’hiver. Des casernes vides pourraient également être investies.

Quand des maires posent leurs conditions

Mais tous les maires ne se sont pas manifestés. Xavier Bertrand, maire Les Républicains de Saint-Quentin, a déjà annoncé son refus d’accueillir des réfugiés. "Je ne sais pas les accueillir, les former, les intégrer, donner un emploi", a-t-il justifié. Marine Le Pen a également prévenu mardi matin qu’aucune mairie FN n’en accueillerait.

D’autres élus posent leurs conditions: le maire Les Républicains de Roanne, Yves Nicolin, souhaite n’accueillir "que des chrétiens qui sont persécutés par Daesh en Syrie". Une distinction jugée "funeste" par Bernard Cazeneuve, qui rappelle que l’affectation des demandeurs d’asile sur les lieux d’hébergement est déterminée par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII)… et non par les maires.

Mais les places risquent d’être comptées. Aujourd’hui, les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) n'en proposent que 25.000, rappelle Le Figaro, quand la France examine 65.000 demandes d'asile chaque année. Et seulement un tiers des demandeurs obtient une place dans l'un de ces centres, comme le rappelle un relevé de la Cour des comptes de février 2015.

Une affaire de "quelques millions d'euros"

A la fin du mois de juin dernier, l’Etat s’est toutefois engagé à en ouvrir 11.000 supplémentaires, mais seulement d'ici fin 2016. Pour assurer l'urgence, Bernard Cazeneuve a également assuré que les moyens "administratifs et budgétaires" nécessaires seraient débloqués: une affaire de "quelques millions d’euros", selon Michel Sapin. Sur BFMTV, le ministre des Finances affirme que le déblocage de cette somme "ne se fera pas au détriment d’autres politiques".

En attendant, l’Etat compte aussi sur les bailleurs sociaux, ainsi que sur les associations. Mais là encore, même si les initiatives fleurissent, le travail des bénévoles ne manque pas et le parc HLM français, déjà très sollicité, pourrait se trouver en difficulté face aux besoins. L’opération s’annonce délicate. Et le logement, lui, ne constitue qu’une première étape dans l’arrivée des migrants en France.

A. K.