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Harcèlement scolaire: parents, 5 conseils pour savoir comment réagir

Jeff Pachoud - AFP

Jeff Pachoud - AFP - -

Ce jeudi se déroule la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. Un fléau dont souffre un enfant sur dix et que les parents ont souvent du mal à détecter. Quels sont les signes à repérer? Une psychologue et un psychothérapeute vous aident à y voir plus clair et à savoir comment réagir.

Moqueries, insultes, bousculades... Le harcèlement scolaire touche un enfant sur dix en primaire et se poursuit pour 6% des collégiens. Pudiques, intimidés, les jeunes adolescents ont souvent le réflexe de se refermer sur eux-mêmes plutôt que d’en parler à leur entourage. Un silence qui laissent les parents démunis et impuissants. Mais des signaux permettent de déceler le mal-être d'un enfant. Alexandra Moins, psychologue et Benjamin Lubszynski, psychothérapeute, livrent à BFMTV.com quelques conseils pour détecter la souffrance et accompagner l'enfant dans la lutte contre les violences scolaires.

Briser le tabou du harcèlement scolaire:

Le sujet du harcèlement scolaire peut être abordé alors même que l’enfant n’en est pas victime. "Il faut être proactif sur la question", préconise le psychothérapeute, Benjamin Lubszynski. Généralement, les enfants ne souhaitent pas en parler alors le professionnel recommande une approche en douceur:

"Il s’agit de leur demander s’ils savent ce qu’est le harcèlement scolaire, expliquer que des mesures existent pour le faire cesser, ce n’est pas une situation insolvable." 

Alexandra Moins, psychologue, conseille même aux parents de partager leur expérience afin de mettre l’enfant en confiance.

Reconnaître les signaux du mal-être:

  • Quand un enfant est victime de harcèlement, il a souvent le réflexe d’intérioriser sa souffrance. La pression que ses bourreaux font peser sur lui l’empêche de partager ce qu’il endure de peur que la situation s’aggrave. Il faut donc que les parents sachent interpréter les signes évocateurs d’un mal-être.

"L’enfant est plus triste, il peut pleurer sans raison apparente, être stressé, pris d’insomnies", développe Alexandra Moins. Benjamin Lubszynski souligne quant à lui une possible baisse des résultats scolaires, un rejet de l’école, une peur d’y aller.

Conseiller son enfant:

Quand un enfant est victime de harcèlement scolaire, "on peut commencer par lui expliquer comment réagir face à ses agresseurs, détaille Benjamin Lubszynski. Il faut lui apprendre à dire 'non' très fort. Il peut aussi utiliser l’autodérision, ça coupe l’herbe sous le pied des harceleurs". Une autre solution peut être de l’inscrire à un sport de combat.

"C’est très libérateur et ça lui donne un sentiment de sécurité", raconte le psychothérapeute.

Alerter le corps enseignant:

Si le harcèlement est très fort et dépasse le stade de quelques moqueries ou blagues de mauvais goût, les professionnels préconisent d’en référer au corps enseignants: professeurs, conseiller principal d’éducation (CPE), chef d’établissement.

"Les faits ne doivent pas être minimisés, avertit Benjamin Lubszynski. Le harcèlement doit être sanctionné, cela valide le statut de victime de l’enfant et lui donne un sentiment de justice". "Il voit ainsi qu’il est protégé et que les adultes sont concernés par ce qu’il subit", ajoute Alexandra Moins.

L’enfant victime de harcèlement peut être changé d’établissement si la situation lui est trop difficile à supporter.

"Les parents ne doivent pas attendre que leur enfant en fasse la demande car souvent il n’osera pas le faire. Les jeunes redoutent le changement. Il revient donc aux adultes de prendre cette décision s’ils sentent que la sanction ne permettra pas à l’enfant de se sentir mieux", développe Benjamin Lubszynski.

Déposer plainte:

Déposer plainte peut également être une solution. Pour la psychologue, le fait que la sanction puisse venir d’une autre entité que l’établissement scolaire permet aussi au harceleur de prendre conscience de ses actes.

"Parfois, il ne mesure pas l’impact que son comportement peut avoir sur son bouc émissaire. Déposer plainte lui montre que ce n’est pas un jeu de se moquer ou de brutaliser un camarade", insiste-t-elle.

Ambre Lepoivre