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Harcèlement et sexisme: des collaboratrices parlementaires lancent un site pour témoigner

Des collaboratrices parlementaires, qui dénoncent le sexime en politique, ont lancé un site pour témoigner et informer

Des collaboratrices parlementaires, qui dénoncent le sexime en politique, ont lancé un site pour témoigner et informer - Capture d'écran du site chaircollaboratrice.com/

Un collectif de collaboratrices parlementaires qui dénoncent, ce lundi, dans une tribune au Monde les propos et les agissements sexistes en politique, viennent de lancer un site pour témoigner et informer.

"Nous sommes plusieurs femmes qui travaillons à l’Assemblée nationale, au Sénat, dans des ministères et collectivités territoriales. Nous sommes collaboratrices d’élus ou exerçons différents métiers dans le monde politique. Nous sommes dans l’ombre et nous tenons à le rester", est-il écrit sur Chaircollaboratrice.com

Le sexisme, le quotidien des femmes en politique

Ce site pour témoigner et informer a été lancé lundi par des collaboratrices parlementaires, en date de mardi, les propos et agissements sexistes comme "une réalité" marquant le "quotidien des femmes en politique", au-delà des seules "affaires" médiatisées.

"De façon épisodique, avec notamment l'affaire Baupin, l'affaire Tron, l'affaire DSK, et l'actuel cas Baylet, le monde politique s'insurge contre l'un de ses membres qui aurait simplement 'dérapé'. Ces affaires sont des cas extrêmes de harcèlement ou d'agression sexuelle, mais les propos et agissements sexistes sont le quotidien des femmes en politique, qu'elles soient élues ou collaboratrices", écrivent-elles. 

Les quatre porte-parole du collectif, Mathilde Julié-Viot, Charlotte Lestienne, Julie Rosenkranz et Charlotte Soulary, travaillent toutes pour des députés de gauche qui soutiennent leur démarche.

Libérer la parole des femmes

Outre le "machisme de ce huis clos politique où les femmes sont souvent perçues comme illégitimes", le collectif pointe la proximité particulière des collaborateurs avec leurs employeurs (travail tardif ou déplacements "en tête à tête") et un contrat de travail rendant "dépendants" et empêchant "des femmes en situation de harcèlement de se sentir en sécurité et de se confier".

C'est pourquoi, pour "libérer une parole trop longtemps étouffée" mais aussi "prendre conscience de cette réalité", ce collectif a donc lancé Chaircollaboratrice.com pour recenser des témoignages de femmes "victimes de sexisme à l'Assemblée nationale ou dans d'autres institutions politiques".

Le choix a été "d'anonymiser les témoignages pour offrir les meilleures conditions aux collaboratrices qui souhaiteraient raconter, mais souvent n'osent pas ou pour qui les conséquences seraient très lourdes", car "notre but n'est pas de pointer du doigt tel élu, ministre ou autre homme politique, mais d'exposer le caractère généralisé du sexisme en politique", selon les initiatrices du site.

A.C. avec AFP