BFMTV
Société

"Grand Palais éphémère": les usagers du Champ-de-Mars déposent un recours en justice

D'importants travaux vont être réalisés au Grand Palais

D'importants travaux vont être réalisés au Grand Palais - François Guillot - AFP

L'association des Amis et Usagers du Champ-de-Mars a déposé un recours en justice contre le projet d'implantation d'un "Grand Palais éphémère". Elle estime que le bâtiment dénaturera le Champ-de-Mars, déjà abîmé par la tenue de nombreux événements par le passé.

"Un désastre annoncé". Votée en juillet dernier au Conseil de Paris, le projet d’implantation d’un "Grand Palais éphémère" au Champ-de-Mars -en remplacement de l’authentique qui doit fermer ses portes fin 2020 pour rénovation- ne fait pas l’unanimité.

En décembre, l’association des Amis et Usagers du Champ-de-Mars a déposé un recours auprès du tribunal administratif pour s’opposer à la construction de ce bâtiment dont la surface comprise entre 14.000 et 27.000 mètres carrés permettra d’accueillir les grands événements culturels de la capitale jusqu’en 2024.

"Le Champ-de-Mars est l’un des rares espaces verts parisiens", souligne Jean-Sébastien Baschet, président de l’association des Usagers du Champ-de-Mars. Or, "Paris est une ville qui manque d’espaces verts", ajoute-t-il. À l’heure où les enjeux écologiques prennent de plus en plus de place dans le débat public, il est, selon lui, "complètement incohérent d’empiéter sur ces jardins". "C’est antithétique avec la politique défendue par Anne Hidalgo", déplore-t-il.

Un enjeu d'accueil

Défilés de mode, fan zone de l’Euro 2016… Le Champ-de-Mars est régulièrement désigné comme lieu d’accueil des événements majeurs dans la capitale, empêchant Parisiens et touristes de s’y promener. "Quand on vient dans un espace vert, on vient chercher du calme et de la quiétude, c’est complètement déconnecté et décalé d’y organiser des événements bruyants", martèle Jean-Sébastien Baschet.

Surtout, explique-t-il, le Champ-de-Mars est "la vitrine de Paris et de la France". "Dès qu’on organise un événement, on privatise un espace public au profit de quelques-uns", dénonce-t-il, évoquant notamment la fan zone de l’Euro 2016 qui a entraîné "la fermeture des pelouses pendant un an" et impacté les "21 millions de visiteurs" annuels pour "permettre à 900.000 supporters de venir voir des matchs". "On a chassé des millions de visiteurs pour privilégier une minorité. En plus, le contribuable a payé 500.000 euros de sa poche" pour réparer les dégâts, assure-t-il.

"La mairie de Paris reste sourde à nos demandes de rencontre"

Engagée contractuellement avec plusieurs marques telle que la FIAC, la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais sera dans l’obligation d’assurer la tenue des événements culturels prévus ces prochaines années, quand bien même le monument serait fermé. L’implantation d’un "Grand Palais éphémère" constitue donc pour elle la solution adéquate. Mais "les usagers du Champ-de-Mars n’ont pas à payer pour les manquements de l’administration", regrette Jean-Sébastien Baschet.

L’association des Usagers du Champ-de-mars propose pourtant des alternatives, tels que le carrousel du Louvre ou la Porte de Versailles. "Il y a de nombreux espaces dédiés à l’événementiel qui n’ont pas un planning et un taux d’occupation total", certifie le président de l’association.

Dénonçant les nuisances sonores et écologiques de ces événements à répétition sur le Champ-de-Mars, les riverains ont demandé un entretien avec la municipalité mais "la mairie de Paris reste sourde à nos demandes de rencontre", dénonce Jean-Sébastien Baschet. Qualifiant de "catastrophique" l’état de cet espace vert, il dit vouloir continuer de se battre avec son association pour "redonner une ambition et en faire un jardin digne de ce nom". Et de conclure: "Ce n’est pas en organisant de l’événementiel à outrance que l’on va améliorer les jardins. Il faut débloquer les fonds, les refaire et améliorer l’accueil du public".

Paul Louis