BFMTV

Gilets jaunes: un samedi assez calme, malgré quelques tensions dans le sud 

Les gilets jaunes ont défilé dans toute la France lors d'une 20e journée de mobilisation.

Les gilets jaunes ont défilé dans toute la France lors d'une 20e journée de mobilisation. - Martin Bureau - AFP

Plusieurs villes, dont Paris, Bordeaux et Avignon, avaient interdit les manifestations dans plusieurs secteurs par crainte de violences et de dégradations.

Les gilets jaunes sont de nouveau descendus dans la rue ce samedi pour une 20e journée de mobilisation. Plusieurs villes, dont Paris, Bordeaux et Avignon, ont décidé d'interdire les manifestations dans certains secteurs par crainte de violences et de dégradations.

Près de 33.700 manifestants ont été recensés dans les rues du pays par le ministère de l'Intérieur qui précise que 4000 personnes ont défilé à Paris. Un chiffre en baisse par rapport à la semaine dernière où 40.500 personnes avaient été comptabilisées en France dont 5000 à Paris. 

Selon le décompte des gilets jaunes, 102.713 personnes se sont rassemblées dans l'ensemble du territoire, contre 126.646 samedi dernier.

David-Olivier Reverdy, délégué national du syndicat Alliance Police Nationale, a indiqué sur notre antenne que la journée s'est "plutôt bien passée à Paris" mais que "des villes du sud de la France ont quand même été impactées". 

"On a plus d'une dizaine de collègues blessés. Des boutiques cassées. Mais dans l'absolu ça s'est plutôt passé correctement. (...) Notre renseignement a fonctionné, il a permis l'adaptation des dispositifs sur l'ensemble du territoire. La doctrine d'aller très rapidement au contact a marché", a-t-il ajouté. 

Ambiance bon enfant à Paris

A Paris, deux cortèges de gilets jaunes ont convergé vers la place du Trocadéro dans une ambiance bon enfant. La police a procédé à 37 interpellations, 21 verbalisations pour avoir manifesté sur le périmètre interdit et 14.485 contrôles préventifs, selon la préfecture. 

Les manifestations sur sur les Champs-Elysées, ainsi que dans un périmètre incluant l'Elysée et l'Assemblée nationale, ont été interdites.

Des accrochages à Bordeaux

Plusieurs milliers de gilets jaunes ont manifesté à Bordeaux, malgré l'interdiction de rassemblements dans le centre-ville de la ville. Des personnalités du mouvement ont participé au cortège, comme Eric Drouet et Jérôme Rodrigues.

Des accrochages ont éclaté en milieu d'après-midi. Du matériel de chantier et des tuyaux en caoutchouc ont été incendiés en centre-ville. Les forces de l'ordre ont effectué plusieurs charges alors que des manifestants lançaient divers projectiles. Au moins une personne a été interpellée.

En fin d'après-midi, le cortège, où se mêlaient des dizaines de black blocs, se diluait en petits groupes jouant au chat et à la souris avec les forces de l'ordre, tentant de se regrouper dans une place non loin du centre-ville.

Deux policiers blessés à Montpellier

Deux policiers ont été légèrement blessés samedi à Montpellier par des jets de projectiles, lors d'une manifestation de gilets jaunes qui a rassemblé 1650 personnes, selon la préfecture, 2500 selon les organisateurs.

L'un des policiers a été blessé à la jambe et pris en charge par les pompiers, l'autre a été atteint au visage, a précisé la préfecture. Huit personnes "visant à créer des troubles à l'ordre public ont été interpellées", selon la préfecture. Trois ont été relâchées.

Les manifestants ont défilé dans l'après-midi dans les rues du centre-ville, passant devant la préfecture de l'Hérault et le palais de justice. D'autres gilets jaunes étaient aussi rassemblés aux rond-points d'accès à la ville sans perturber la circulation.

L'interdiction de manifestation bravée à Avignon

Des centaines de manifestants ont bravé l'interdiction de défiler à Avignon ce samedi. Le cortège s'est ébranlé vers 14H00 aux portes de la ville historique entièrement barricadée par la police, précédé par une centaine de motards gilets jaunes qui faisaient le tour des remparts de la Cité des papes, par les boulevards périphériques. 

En milieu d'après-midi, les manifestants ont essuyé des tirs de grenades lacrymogènes. Les "streets medics", nombreux, ont porté secours à un jeune homme blessé à l'arcade sourcilière et à un quinquagénaire victime d'une chute.

Les policiers ont esquivé des pavés lancés par des manifestants et ont saisi des "armes par destination". Plusieurs personnes ont été interpellées, selon les policiers sur place. Un distributeur bancaire a été détruit à coups de masse.

Des centaines de manifestants à Nice

Plusieurs centaines de manifestants ont défié les forces de police samedi à Nice devant leur commissariat, après qu'une manifestante a été grièvement blessée la semaine dernière au cours d'un rassemblement interdit, une situation qui alarme les élus LR locaux, Eric Ciotti et Christian Estrosi.

Parti de la gare en début d'après-midi, le cortège était composé de gilets jaunes et de militants de gauche et d'associations. Après avoir marqué un arrêt à l'hôpital Pasteur où est hospitalisée Geneviève Legay, la militante d'Attac septuagénaire bousculée par un policier lors d'une charge des forces de l'ordre le 23 mars, les manifestants se sont rendus à la caserne Auvare. 

Ils y ont demandé que le commissaire responsable des opérations la semaine dernière aille "en prison". La confrontation avec les forces de l'ordre a duré de longues minutes mais n'a donné lieu à aucun incident.

Trois blessés, dont deux policiers, à Toulouse

Une manifestation déclarée et une non déclarée se sont déroulées dans le centre-ville de Toulouse. Selon la préfecture de Haute-Garonne, des incidents ont eu lieu du fait des manifestants, à différents endroits de la ville, à l'image de jets de projectiles en direction des forces de l’ordre, ainsi que d'un tag sur un panneau publicitaire et un feu de poubelle. 

Trois blessés en urgence relative, dont 2 policiers, ont été dénombrés. A 18h30, 11 personnes ont été interpellées. 

Un parcours alternatif à Lille

Entre plus d'un millier de gilets jaunes, selon une source policière, et 2000, selon les organisateurs, ont défilé samedi à Lille pour la vingtième semaine consécutive, empruntant un itinéraire "alternatif" après l'interdiction du centre-ville par la préfecture.

Des accrochages ont éclaté à plusieurs reprises, les forces de l'ordre faisant parfois usage de gaz lacrymogène, notamment après qu'un groupe de "black blocs", vêtus de noir et cagoulés, a aspergé de peinture la devanture d'une banque.

Quatre personnes ont été interpellées à la suite d'un "incident entre des gilets jaunes et des supporters de football", selon la préfecture du Nord.

Clément Boutin avec AFP