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Gilets jaunes: "Je pensais avoir poussé un homme" regrette le policier qui a blessé Geneviève Legay

Geneviève Legay à terre durant l'acte 19 des gilets jaunes à Nice

Geneviève Legay à terre durant l'acte 19 des gilets jaunes à Nice - Valery Hache - AFP

Il s'est dit "sincèrement désolé" pour la manifestante, tout en se défendant que la charge policière avait été "ordonnée légalement".

L'affaire avait créé la polémique. Le 23 mars dernier, Geneviève Legay, une militante de l'association Attac qui participait à la 19e journée de mobilisation des gilets jaunes à Nice, est grièvement blessée à la tête après une chute provoquée par une charge policière.

Le policier responsable avait déjà reconnu avoir blessé la manifestante âgée de 73 et avait déjà fait part de ses regrets fin mars, par le biais de déclarations transmises à son avocat. Mais Le Parisien, qui a eu accès aux procès verbaux de l'audition du gardien de la paix, révèle ce vendredi les dépositions du fonctionnaire. Il se dit de nouveau "sincèrement désolé" pour la victime, qui a souffert de fractures au crâne et de côtes cassées

"Je suis surpris, je pensais sincèrement avoir poussé un homme, je n’ai rien d’autre à dire, c’est malheureux pour Madame Legay", a-t-il déclaré lors de son audition à la sûreté départementale.

Avant de reconnaître son acte, le policier avait en effet affirmé qu'il "n'y avait pas de femme" devant lui, et qu'il n'avait constaté la présence de Geneviève Legay qu'après l'avoir fait tomber à terre. Le fonctionnaire de police s'est par ailleurs défendu en affirmant que cette "charge" avait été "ordonnée légalement":

"Il faut dire que l’action a été très rapide et je me trouvais dans un mouvement général qui a pour but de gagner du terrain et de repousser toutes personnes quelle qu’elle soit sur notre passage. Nous étions dans un rétablissement de l’ordre public après sommations et ordre effectués."

Depuis les déclarations du policier, une information judiciaire pour pour "violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique" a été ouverte par le procureur de Nice jean-Michel Prêtre, qui a saisi l'IGPN. Le Parisien précise ainsi que Michel V. devrait être de nouveau entendu, cette fois-ci par la police des polices.

Juliette Mitoyen