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Gilets jaunes: "Ça suffit!", estime Castaner à propos des blocages

Christophe Castaner s'est exprimé ce vendredi matin sur Europe 1

Christophe Castaner s'est exprimé ce vendredi matin sur Europe 1 - Ludovic Marin - AFP

Le ministre de l'Intérieur demande de nouveau aux protestataires d'évacuer les ronds-points et péages. En un mois, cette mobilisation a fait huit morts.

"Connaissez-vous un autre contentieux social sur ces trente dernières années qui a tué autant de personnes?”, s’est interrogé ce lundi Christophe Castaner, en marge d'une visite à Nanterre dans les locaux de la Sous-direction de la lutte contre la cybercriminalité.

Huit morts

Depuis le début du mouvement, il y a eu "huit morts", a regretté le ministre de l'Intérieur: “Je le dis clairement: Ça suffit!", a-t-il déclaré, concernant l’occupation des ronds-points et d'axes routiers, avant de poursuivre:

"Ça suffit, pour la sécurité des gilets jaunes, de nos concitoyens, pour la sécurité de nos forces de l'ordre (...). On ne peut pas continuer à paralyser l'économie française, paralyser le commerce dans nos villages, dans nos villes", a-t-il estimé.

"Nous avons commencé dès la semaine dernière, des ronds-points ont été évacués, nous allons poursuivre cela", a ajouté le ministre, précisant que ces évacuations se dérouleraient "petit à petit", tout en appelant au "dialogue". Un peu partout en France, des points de blocage ont été levés lundi matin, après une cinquième journée d'action nationale samedi qui a marqué un essoufflement de la mobilisation.

"On n'évacue pas les gilets jaunes mais leurs installations. La directive, c'est de faire en sorte que leurs points d'appui sur les ronds-points soient démantelés. On déblaie les palettes, les pneus... On leur laisse le temps de prendre leurs affaires. Si ce n'est pas le cas, on intervient", ont détaillé des gendarmes de la Drôme où plusieurs interventions étaient menées.

Au péage autoroutier de la Barque, près d'Aix-en-Provence, les manifestants qui occupaient les lieux quasiment en continu se sont également repliés sur un rond-point proche de l'autoroute. "On veut reprendre le péage", mais cette fois "on va juste laisser le péage gratuit, recréer une buvette et se mettre sur le côté pour qu'il n'y ait pas de problème de sécurité", affirme l'un deux, Arnaud Ansermier.

Une "marche pour le RIC"

"Il n'y a pas d'essoufflement mais plutôt une trêve de Noël, avec les fêtes qui arrivent et le froid aussi qui peut démobiliser certains", estime un "gilet jaune" clermontois, assurant qu'"il y a encore du monde sur les ronds-points", avec "des nouvelles têtes constamment".

"On s'est dit les ronds-points, ça ne suffit pas. Il ne faut pas pénaliser les gens et en même temps, il faut des actions pacifistes sinon les CRS nous chargent", souligne Myriem Koufi, manifestante à Arles. Avec cinq autres "gilets jaunes", elle a décidé de se lancer dans une "marche pour le RIC" (référendum d'initiative citoyenne) longue de 850 kilomètres qui les mènera jusqu'à l'Assemblée nationale le 19 janvier.

E. P avec AFP