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Gerland, Presqu'île, Guillotière: la colère des habitants face aux nuisances à Lyon

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Bruit, saleté, dégradations...Depuis plusieurs semaines, les riverains de plusieurs quartiers à Lyon alertent les autorités sur les nuisances vécues au quotidien.

"J'ai l'impression de vivre dans une poubelle": Nathalie Balmat est à la tête de l'association "Guillotière en colère". Avec d'autres habitants, elle dénonce depuis plusieurs semaines les nuisances et incivilités vécues au quotidien en bas de chez eux. Dernièrement, la vidéo d'un combat de boxe improvisé un soir dans le quartier entre deux individus a aussi circulé sur les réseaux sociaux. 

"On a mesuré le bruit à 90 décibels, c'est énorme", a expliqué cette Lyonnaise, invitée de Bonjour Lyon lundi. "Nos volets et fenêtres ne suffisent plus, même fermés, on n'entend plus notre télé", ajoute la présidence de l'association qui évoque aussi "des regards très insistants, très menaçants". 

Des magasins transformés "en bars clandestins"

"On nous a déjà menacés de mort dans la rue. On leur a dit qu'ils faisaient un peu trop de bruit, qu'il était 23h", témoigne Nathalie Balmat, reçue avec son association à la mairie de Lyon lundi après-midi. Elle réclame que la loi soit "simplement appliquée", notamment pour s'assurer que les commerçants ne vendent plus d'alcool en-dehors des heures autorisées. 

"On a des magasins d'alimentation générale qui se transforment en bars clandestins", dénonce également Renaud, un habitant du quartier. Pour cet étudiant en médecine, il est devenu compliqué de travailler chez lui.

"J'avais jamais appelé la police en sept ans, et en l'espace de six mois, je les ai appelé au moins une dizaine de fois", explique le jeune homme, même si cela ne change rien, affirme-t-il.

La Presqu'île en colère lance une action en justice

Lui aussi a rejoint l'association "Guillotière en colère". Dans les prochaines semaines, si les autorités n'apportent pas de réponses concrètes, l'association pourrait exercer un recours en justice, a indiqué sa présidente ce lundi sur BFM Lyon.

C'est la solution choisie notamment par le collectif "Presqu'île en colère". Ils font partie des premiers à avoir alerté sur la dégradation des conditions de vie sur la Presqu'île. Ils dénoncent notamment les nuisances vécues chaque week-end: cris, rodéos, dégradations...

Avec un avocat, ils sont plus d'une centaine à avoir lancé une action collective. Ils ont aussi multiplié les rencontres avec les autorités pour mettre en place de nouveau dispositif censé lutter contre ces nuisances.

En plus de la prolongation de l'arrêté municipal interdisant la circulation dans certaines rues la nuit, des opérations de police ont eu lieu au niveau de la place des Jacobins les samedis précédents. Et comme prévu, les riverains devraient aussi pouvoir bénéficier de la mise en place de la vidéo-verbalisation. 

Des rodéos à Gerland

Plus au sud de Lyon, dans le quartier Gerland, les habitants sont aussi en colère. A en croire les riverains, Gerland vit au rythme des rodéos sur les grands axes. Selon Maxime, un habitant, ces courses automobiles sont désormais quotidiennes. 

"Ils pourrissent la vie des gens du quartier. Les gens qui vivent dans les grands axes de Gerland ne dorment pas la nuit", explique ce riverain. "On a des enfants qui traversent, des personnes âgées. Sur le boulevard Yves Farge, il y a un centre de personnes polyhandicapées (...) On n'a pas envie que Gerland se transforme en circuit de course". 

Pour tenter de faire réagir les autorités, les habitants ont lancé une pétition qui a déjà recueilli près de 700 signatures. 

Outre la colère, ces trois quartiers se rejoignent sur une même revendication: une présence policière renforcée. Pourtant, il est difficile pour les forces de l'ordre d'y faire face, explique le syndicat Alliance à Lyon.

"Ces nuisances, qui sur le moment ne sont pas forcément graves mais qui sont répétitives, monopolisent bon nombre d'effectifs de la police nationale. Comme ce ne sont pas des actes d'extrême gravité, elles ne sont pas considérées comme prioritaire. Les fonctionnaires de police interviennent d'abord, en-dehors de leur patrouille, sur des missions d'une autre importance", explique Hervé Redon, membre du syndicat Alliance.

Une explication loin d'être suffisante pour bon nombre des Lyonnais concernés. Alors à quelques mois des municipales, le sujet pourrait bien s'inviter sur la table des candidats à la mairie et à la métropole.

Benjamin Rieth