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Gaz hilarant: les autorités sanitaires alertent sur les risques chez les jeunes

Une capsule vide de protoxyde d'azote, plus connu sous le nom de gaz hilarant, jetée dans la rue

Une capsule vide de protoxyde d'azote, plus connu sous le nom de gaz hilarant, jetée dans la rue - BFMTV

Provoquant des fous rires incontrôlables, le protoxyde d'azote, un produit légal et facile d'accès, fait de plus en plus d'adeptes chez les jeunes.

Connu pour ses effets euphorisants, le protoxyde d'azote, communément appelé "proto" ou "gaz hilarant", fait des ravages auprès des jeunes. Utilisé dans le champ médical pour ses propriétés anesthésiques et analgésiques, ce produit, également utilisé dans les aérosols alimentaires, est de plus en plus détourné par voie d'inhalation, non sans risque.

Evolution des pratiques

D'après le ministère de la Santé et la mission interministérielle contre la drogue et la toxicomanie, 25 signalements d’effets sanitaires sévères ont en effet été notifiés depuis le mois de janvier, dont 10 graves avec des séquelles pour certains cas, 8 provenant de la région Hauts-de-France.

"On observe depuis quelques mois des consommations répétées, voire quotidiennes, au long cours et en grande quantité. Cette évolution des pratiques s'accompagne d'une augmentation du nombre de signalements d'effets sanitaires graves, avec atteintes du système nerveux central et de la moelle épinière", affirment dans un communiqué les autorités sanitaires qui précisent que la plupart des cas déclarés concernent des hommes âgés de 18 à 34 ans.

L'inhalation de protoxyde d'azote expose à deux types de risques majeurs: des risques immédiats, comme une asphyxie par manque d'oxygène, des pertes de connaissance, des brûlures par le froid du gaz expulsé de la cartouche, des vertiges... mais aussi des séquelles irréversibles en cas de consommation régulière et/ou à forte dose (atteinte de la moelle épinière, carence en vitamine B12, anémie, troubles psychiques).

Commercialisation interdite pour les mineurs

Les professionnels de santé mettent donc en garde contre l'utilisation répétée et massive de ce produit, qui peut comporter un risque de dépendance, et indiquent qu'une "limitation des ventes en termes de volumes ou de classements spécifiques pouvant permettre d’encadrer l’accessibilité de ces produits" est à l'étude afin de limiter le détournement du protoxyde d'azote.

Dans certaines communes, des arrêtés ont déjà été pris pour interdire la vente de cartouches de "proto" aux mineurs, comme à Bagnolet, Bondy (Seine-Saint-Denis), Béziers et Lattes (Hérault). Le 5 avril dernier, la sénatrice Valérie Létard (UDI) a par ailleurs déposé une proposition de loi tendant à protéger les mineurs des usages dangereux du protoxyde d'azote. D'après l'élue, qui cite une récente étude de la mutuelle SMEREP, le protoxyde d'azote est devenu le troisième produit psychoactif le plus consommé chez les étudiants français.

Mélanie Rostagnat