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Fermeture des bars et restaurants dans les Bouches-du-Rhône: Marseille se plie aux nouvelles mesures

Bars, restaurants et épiceries sont tenus de fermer boutique de 23h00 à 6h00 depuis mercredi soir dans toutes les Bouches-du-Rhône. La police était dans les rues pour faire appliquer la mesure.

"On voulait faire la fête jusqu'au bout de la nuit... Mais on va être obligé de rentrer." À 23 heures ce mercredi soir, Marseille et les autres villes des Bouches-du-Rhône ont baissé le rideau. Un arrêté préfectoral annoncé la veille impose aux restaurateurs, propriétaires de bars et épiciers de tout le département de fermer leurs commerces de 23h00 à 06h00 afin d’enrayer la propagation du virus.

Arrêt du service à 22h30

Sur place, le compte-à-rebours a commencé vers 22h30. Les serveurs ont peu à peu "arrêté de servir les gens" et les ont "pressé" de quitter les lieux, raconte l’employé d’un restaurant au micro de BFMTV. Ils s'agitent sur le cours Julien, un des hauts lieux de la vie nocturne marseillaise: les premières chaises vides sont empilées, les verres de bières entassés et les tables traînées sur le bitume encore chaud.

Cette mesure, comme l'extension de l'obligation du port du masque dans tout Marseille, a été décidée face à l'accélération de la circulation du coronavirus. Dans la deuxième ville de France, le nombre de personnes testées positives au Covid-19 sur 100.000 personnes (taux d’incidence) est actuellement de 177 contre environ 33 pour la moyenne nationale, le seuil d’alerte étant fixé à 50 personnes pour 100.000 habitants.

Horaire "arbitraire"?

Mais cette décision est contestée par les restaurateurs qui ne comprennent pas comment une fermeture avancée d’une ou deux heures peut permettre de diminuer la circulation du virus.

"On nous a coupé les bras, surtout après plus de deux mois de confinement ça fait mal, mais on s'y attendait", reconnaît un gérant de la cité phocéenne. Au printemps, avec la fermeture imposée, il estime avec ses associés avoir perdu 200.000 euros de chiffre d'affaires.

Le jeune homme dont l'établissement a été contrôlé la veille par la police afin de s'assurer que les distances entre les tables étaient respectées, s'interroge sur cet horaire qu’il juge "arbitraire".

"Pourquoi s'arrêter à 23h00? C'est un horaire aléatoire. Qui a montré qu'il y avait plus de monde et de transmission du virus à partir de 23h00?"

Christophe Ali, gérant d’un autre établissement marseillais, se plie bon gré mal gré à la règle afin d’éviter l’amende de 135 euros. Il fait le tour de chaque table pour presser ses clients de partir avec trois heures d'avance sur son horaire habituel et estime sa perte à environ 3000 euros chaque soir.

Pas si "dérangeant" pour les clients

"Je comprends pas trop pourquoi on a choisi 23h00, autant décréter un vrai confinement si on veut être efficace", s'interroge une cliente.

D’autres accueillent la mesure avec plus de philosophie: "On est venus dès 19h30 pour avoir le temps de manger et de rentrer ensuite avec le métro", explique un client sur notre antenne tandis qu’une autre est également "venue un peu plus tôt, mais ce n’est pas dérangeant".

D'habitude en pleine effervescence, le cours Julien s'est finalement assoupi doucement mercredi soir, une heure avant minuit. Quelques amateurs de bière ont fini leur pinte dans la pénombre, accroupis au milieu de la place vidée de son mobilier. "C'est dommage qu'on s'en prenne à la jeunesse", peste Yoan Coste, aussitôt contredit par ses deux amies.

"On ne vit pas une période normale, alors c'est compréhensible de prendre des mesures pour arrêter la propagation. C'est toujours mieux que d'être entièrement confinés", relativise Lola Gaillot.

"Eviter un confinement plus strict"

"Quand les établissements ne seront pas fermés, la police pourra rester jusqu’à ce que l’établissement ferme. Cela permet d’éviter des rassemblements de personnes qui ont souvent consommé de l’alcool et ne font plus attention aux mesures barrières et sanitaires", a expliqué mercredi soir le préfet des Bouches-du-Rhône, Emmanuel Barbe, qui s’est déplacé dans les rues de Marseille.

La police était également très présente afin de s’assurer que l’obligation de porter le masque était bien respectée dans toute la ville. Emmanuel Barbe l’assure: "Le but n’est pas de martyriser la population mais de lui faire respecter les règles pour éviter de passer à un confinement plus strict".

Ambre Lepoivre avec AFP Journaliste BFMTV