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TOUT COMPRENDRE - Bouches-du-Rhône: comment s'organise la fermeture des bars et restaurants à 23h

Avec cette mesure, "nous voulons casser les épidémies qui se développent dans les événements festifs", a déclaré le préfet de police des Bouches-du-Rhône sur BFMTV.

Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur a annoncé un renforcement des mesures de lutte contre le Covid-19 dès ce mercredi, avec l'obligation du port du masque dans tout Marseille mais également la fermeture des bars et restaurants à 23h dans toutes les Bouches-du-Rhône.

Interrogé sur BFMTV au sujet de ces dernières restrictions, le préfet de police des Bouches-du-Rhône Emmanuel Barbe a expliqué comment et pourquoi cette mesure de fermeture avancée allait être mise en oeuvre.

"C'est pour éviter ce qui se passe actuellement à Marseille après 23h, où beaucoup de personnes qui ont bu n'ont plus de masque, sont près les unes des autres" et donc peuvent se contaminer, ou créer des clusters, explique Emmanuel Barbe. "Nous voulons casser les épidémies qui se développent dans les événements festifs."

L'adjointe à la mairie de Marseille Samia Ghali a critiqué cette mesure mercredi matin sur BFMTV, assurant que les personnes voulant continuer la fête le pourraient dans des lieux privés, ce qui rend selon elle les fermetures anticipées inutiles, tout en mettant en difficulté les restaurateurs.

Le préfet de police rappelle que cet horaire a été décidé car il leur "permet d'assurer un premier service complet". Et "bien sûr qu'il y aura des reports dans des fêtes privées", déclare également Emmanuel Barbe, "si c'est sur l'espace public on tâchera de les détecter, on demandera aux gens de cesser", assure-t-il. Il ajoute toutefois que selon lui, "le report des soirées sauvages ne sera pas identique à ce qui se passerait si on ne fermait pas à partir de 23 heures".

• Comment vont se passer les contrôles?

Sans donner de détails sur le nombre ou la fréquence des contrôles des établissements de restauration et de boisson à partir de 23 heures, le préfet de police a assuré que ses services viendraient "vérifier que la mesure est effective". Les clients devront sortir du restaurant ou du bar mais les personnels pourront rester pour ranger et fermer le lieu après 23 heures.

Si la fermeture à la population n'est pas effective, "nous pourrons fermer immédiatement les établissements qui restent ouverts", explique le préfet de police, assurant qu'il s'agit de "casser cet espace festif qui se développe après (23 heures) et qui est une grande source de contamination".

• Que risquent les réfractaires?

"Si vous êtes restaurateur, selon que vous êtes exploitant, personne morale ou non, c'est une amende de 135 à 190 euros" en cas de non-fermeture, explique Emmanuel Barbe. "Surtout on vous impose de fermer immédiatement, et la police reste tant que vous n'avez pas fermé".

Des mesures plus lourdes peuvent également être prises, comme des fermetures administratives plus longues. Si une certaine tolérance sera de mise dans les quartiers où le masque est nouvellement obligatoire à Marseille, le préfet de police a prévenu les restaurateurs qu'il n'y aurait pas d'exception dans leur cas.

"Pour les commerçants ce sera dès ce soir, car ce sont des professionnels et ils doivent respecter ces règlementations, c'est fondamental", déclare-t-il.

• Qu'en disent les restaurateurs?

Le préfet de police a assuré sur BFMTV que les représentants de la restauration qui avaient été rencontrés "ont accueilli la proposition avec résignation, mais ils comprennent cette nécessité".

"Ce sera une perte sèche qu'on ne pourra pas compenser", explique à BFMTV Laurent Tubau, responsable du restaurant l'Hippocampe à Marseille. "Actuellement on reçoit de la clientèle à partir de 18h30, donc imaginer qu'on va rattraper en ouvrant un peu plus tôt... Je pense qu'on ne rattrapera pas la clientèle que l'on pourrait avoir".

Entendant l'impératif sanitaire, Bernard Marty, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie des Bouches-du-Rhône, a expliqué sur Sud Radio avoir l'impression que sa profession est "stigmatisée" alors qu'elle respecte les gestes barrières.

"Les plages sont ouvertes toute la nuit, sur le Vieux Port se développe un marché sauvage", déclare-t-il, ajoutant que "les gens iront faire la fête ailleurs dans des lieux plus sauvages. Chez nous, c'est réglementé, et si on ne respecte pas la règle, on est punis". Les conséquences sur la profession "vont être dramatiques" selon lui.

Cette mesure est "une sanction contre des établissements qui respectent des règles", déclare sur France Info Frédéric Boivent, directeur général de l’hôtel-restaurant 5 étoiles Le Pigonnet à Aix-en-Provence. Il ajoute que "l'inconvénient principal, c'est que ça soit annoncé à la dernière minute, comme lors de l'annonce du confinement".

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV