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Face au maintien de la fermeture des plages après le 11 mai, un maire breton appelle à la "désobéissance civique" 

Le littoral de la commune de Bois-Plage, dans le sud-ouest de la France (Photo d'illustration).

Le littoral de la commune de Bois-Plage, dans le sud-ouest de la France (Photo d'illustration). - XAVIER LEOTY / AFP

Le plan de déconfinement du gouvernement prévoit que les plages françaises restent inaccessibles au moins jusqu'au 1er juin. Mais de la Bretagne au Nord-Pas-de-Calais, de plus en plus de maires montent au créneau pour dénoncer une décision "illogique" et demander leur réouverture.

A l'approche de la date du déconfinement le 11 mai, les maires de villes littorales sont de plus en plus nombreux à se lever contre le maintien de la fermeture des plages annoncée par Edouard Philippe fin avril dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Ces dernières semaines, plusieurs pétitions ainsi qu'un hashtag ont ainsi été lancés par plusieurs élus bretons, picards, nordistes ou encore normands, afin de réclamer "un accès raisonnable" aux plages de leurs communes à partir du 11 mai. 

Parmi eux, Ronan Loas, le maire de Ploemeur et vice-président du Conseil Départemental du Morbihan. Dans un tweet publié ce mardi après-midi, l'élu de cette commune de 17.000 habitants a qualifié la fermeture des plages de "privation de liberté illogique et déconnectée", appelant même à la "désobéissance civique" si le maintien de leur fermeture était confirmé après le 11 mai.

Faible pression épidemique sur le littoral

L'élu de cette commune bretonne de 17.000 habitants, contacté par BFMTV.com, demande au gouvernement "d'autoriser l'accès au littoral", d'autant plus que les quatre départements de la Bretagne, première région littorale en kilomètres côtiers, sont classés en vert, selon la dernière carte publiée lundi par le gouvernement

"Notre département n'est pas particulièrement touché par l'épidémie, et la population ici est tout particulièrement attentive et respectueuse des mesures sanitaires...", soupire Ronan Loas. "L'exaspération est très lourde pour nous, élus".

"A partir du 11 mai on pourra donc se promener dans un rayon de 100 km dans les parcs et les bois des départements 'verts' et on ne serait pas capable de le faire sur les grèves et les sentiers littoraux de Bretagne?", s'interrogeait également Dominique Cap, président de l'association des maires du Finistère dans un courrier daté du 27 avril adressé au Premier ministre

"Un mur dressé sur une partie du territoire"

"Le littoral ne se limite pas à la plage", poursuit Ronan Loas. "Ce n'est pas qu'un endroit de loisirs mais c'est un véritable lieu de vie ici, c'est comme si on dressait un mur sur une partie de notre territoire. C'est là où on les gens font du sport, là d'où les bateaux partent, c'est aussi un lieu clé pour la pêche". "Nous demandons simplement à ce que nos littoraux soient de nouveau accessibles, de la même manière que les chemins de randonnée vont de nouveau être accessibles dès le 11 mai".

Et quand on l'interroge sur le respect des mesures de distanciation sociale sur les plages, le maire pouffe: "Les gens seront certainement moins agglutinés sur nos immenses littoraux que dans des supermarchés ou des rames de métro bondées des grandes villes...". 

"J'ai été un bon élève, et lorsque le gouvernement a appelé à fermer les plages pour éviter toute propagation du virus, je n'ai pas hésité une seconde", explique encore Ronan Loas à BFMTV. "Mais lorsque les règles sont injustes et incompréhensibles, cela m'est difficile de ne pas me lever contre". 
Jeanne Bulant