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Encore 119 prisons bloquées et 45 fonctionnant en mode dégradé

Devant une prison de Marseille, au matin du 24 janvier.

Devant une prison de Marseille, au matin du 24 janvier. - Boris Horvat - AFP

De nombreux établissements, dont Fresnes et Fleury, restent bloqués. Les forces de l'ordre sont toutefois intervenues ce mercredi matin dégager l'accès piéton à Fresnes et permettre le transfèrement de Jawad Bendaoud, le "logeur" des terroristes du 13-Novembre.

Les blocages de prisons se poursuivaient mercredi matin, au dixième jour du mouvement des surveillants pénitentiaires, avec selon l'administration pénitentiaire, encore 119 établissements bloqués et 45 fonctionnant en mode dégradé. A Fresnes, dans le Val-de-Marne, les forces de l'ordre sont intervenues pour dégager l'accès piéton et assurer le transfèrement de Jawad Bendaoud en vue de son procès prévu en début d'après-midi, à Paris.

Devant ce centre pénitentiaire du Val-de-Marne, au sud de la capitale, une centaine de personnes bloquaient à 7 heures l'entrée principale avec des poubelles, des pneus et des palettes enflammés. Jawad Bendaoud, le "logeur" de deux jihadistes du 13-Novembre, y était arrivé lundi, selon le secrétaire local de l'Ufap-Unsa Justice, Frédéric Godet, dans l'attente de son procès qui doit débuter mercredi après-midi à Paris.

Le secrétaire national de l'Ufap-Unsa (majoritaire), Jean-François Forget, a affirmé mardi soir sur BFMTV que les surveillants comptaient "bloquer" le transfert de Jawad Bendaoud vers le tribunal. Une décision jugée "absolument pas acceptable" par Nicole Belloubet, ministre de la Justice.

De nombreuses prisons encore bloquées

A Fleury-Mérogis (Essonne), les accès aux maisons d'arrêt pour hommes et pour femmes étaient également barrés par une centaine de surveillants, selon un responsable local CGT. "Rien n'entre, rien ne sort", a assuré le délégué local de l'Ufap-Unsa, Alexandre Caby. 

Ailleurs en Ile-de-France, les prisons de Villepinte (Seine-Saint-Denis), où un surveillant à été agressé à coup de coude et coup de poing mardi selon un délégué local FO, de Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne) et Réau (Seine-et-Marne) étaient également bloquées, selon des sources syndicales sur place. 

A Borgo (Corse), la prison était également toujours bloquée et gérée par les gendarmes, en remplacement des personnels absents, alors que des discussions se tiennent entre syndicats et directeur de l'établissement.

Les surveillants de la prison de Nouméa ont organisé mercredi une mobilisation devant l'établissement, où l'un des leurs a récemment été molesté, en solidarité avec leurs collègues de métropole.

Au niveau national, les discussions entre le ministère de la Justice et les syndicats (Ufap-Unsa Justice, CGT-Pénitentiaire et FO-Pénitentitaire) sont au point mort. Les trois organisations ont quitté mardi la table des négociations, rejetant les propositions du gouvernement, y compris sur des primes.

D. N. avec AFP