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Violences à l'université de Montpellier: l'ex-doyen accusé d'avoir applaudi les intrus

Plusieurs personnes, non masquées, applaudissent à la fin de l'évacuation de la faculté de droit par des hommes cagoulés et armés.

Plusieurs personnes, non masquées, applaudissent à la fin de l'évacuation de la faculté de droit par des hommes cagoulés et armés. - Capture vidéo témoin envoyée à Libération et Mediapart

Présent au moment de l'évacuation par des hommes cagoulés et armés d'un amphithéâtre de l'université de Montpellier, l'ex-doyen de la faculté de droit est accusé par plusieurs étudiants d'avoir applaudi à l'issue de l'opération. Une vidéo témoin montre en effet des signes de joie à l'intérieur de l'université à la fin de l'évacuation.

"Si certains étaient cagoulés, je n'en sais rien. Des cagoulés, j'en ai vu de temps en temps, mais ils étaient plutôt dans le clan des occupants", assurait vendredi à France 3 Philippe Pétel, désormais ex-doyen de la faculté de droit et de sciences politiques de l'université de Montpellier.

Philippe Pétel réagissait alors à la violente évacuation de la fac de droit dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, occupée par des étudiants opposés à la loi ORE, par des hommes cagoulés dont certains étaient armés de planches de bois. Trois blessés ont été pris en charge par la police et au moins six étudiants ont porté plainte, la plupart pour "violences volontaires", "avec arme" et "en réunion". L'université de Montpellier a également porté plainte contre X.

Présent au moment des faits, l'ex-doyen est accusé par plusieurs étudiants, dont les témoignages ont notamment été recueillis par Libération, d'avoir laissé entrer les individus, voire d'être à l'origine de l'intrusion.

"Nous sommes plusieurs à l'avoir vu applaudir"

"Nous sommes plusieurs à l'avoir vu applaudir notre évacuation", confiait un étudiant à LCI samedi. Des propos que semblent confirmer une vidéo, d'abord relayée par Libération, puis Mediapart. A l'issue de l'évacuation pour le moins musclée, on peut voir un homme cagoulé, armé d'un bois, lever les bras en signe de victoire. A ses côtés, plusieurs personnes, non masquées, applaudissent. Parmi elles, un homme en costume, identifié par Mediapart comme l'ex-doyen de la faculté.

"Je n'ai fait rentrer personne. Il y avait une bonne cinquantaine d'étudiants qui étaient là. Ils ont voulu se défendre, et je ne peux pas les en blâmer", avait commenté le lendemain Philippe Pétel auprès de France 3. Reconnaissant une "erreur de communication", il avait présenté sa démission quelques heures plus tard.

Deux inspecteurs mandatés par le ministère de l'Enseignement supérieur ont entamé lundi une enquête administrative. En parallèle, le parquet de Montpellier a ouvert une enquête judiciaire pour violences en réunion et avec arme.

Liv Audigane