BFMTV

Une enquête visant une professeure d'université accusée de propos "islamophobes et antisémites"

Image d'illustration - Etudiants travaillant à l'université Aix-Marseille, le 19 novembre 2020

Image d'illustration - Etudiants travaillant à l'université Aix-Marseille, le 19 novembre 2020 - NICOLAS TUCAT / AFP

L'enquête sera ouverte pour "injures publiques en raison d'appartenance à des religions", après qu'une enseignante a déclaré que l'islam est "une sorte de religion sexuellement transmissible".

Une enquête va être ouverte après une plainte de la Ligue des droits de l'Homme qui dénonce des propos "antisémites et islamophobes" d'une professeure de droit de l'université d'Aix-Marseille. L'enquête sera ouverte pour "injures publiques en raison d'appartenance à des religions", a précisé à l'AFP le parquet d'Aix-en-Provence.

"Une sorte de religion sexuellement transmissible"

Dans un court extrait diffusé par Mediapart de son cours enregistré sur Zoom le 27 octobre, cette professeure de droit assure notamment qu'"on n'a aucune liberté de conscience en islam".

"Si on naît d'un père musulman, on est musulman à vie. Une sorte de religion sexuellement transmissible, je n'ai jamais compris. On dirait du judaïsme, c'est pareil, c'est par la mère. Une sorte de MST, de RST, de religion sexuellement transmissible", ajoute-t-elle ensuite.

"On a été informé par des étudiants. Sur l'enregistrement, on a été assez ahuri par ses propos qui sont une injure en raison de la religion", a déclaré à l'AFP Michel Tubiana, président d'honneur de la LDH. De son côté, l'université a informé sa hiérarchie, les renseignements territoriaux et saisi la section disciplinaire de l'établissement.

Pour la CGT FERC Sup de l'université, "ces propos s'apparentent à du racisme pur et simple et n'ont rien à voir avec une liberté d'opinion ou pédagogique. Ils sont proprement injurieux et dans le contexte actuel, ils ne font que jeter de l'huile sur le feu".

Elle explique avoir voulu questionner la notion de liberté de conscience

L'enseignante a de son côté insisté auprès de Mediapart pour préciser que ses propos se référaient à une religion et pas à ses croyants, une question qui sera au coeur de l'enquête pour déterminer si ces propos relèvent de l'injure ou du blasphème.

"L'expression 'RST' qui crée la polémique, je l'ai employée vraiment sous le coup de la colère. Parce que ce cours est un cours qui date du 27 octobre, soit à peine dix jours après l'assassinat de Samuel Paty. Je ne sais pas si vous avez conscience de la déflagration que cet assassinat extrêmement violent a entraînée parmi le corps enseignant", a-t-elle encore expliqué.

"Il n'y a pas de religion transmissible par le sang, c'est une question de volonté libre et quelle que soit la religion", a-t-elle souligné, expliquant avoir voulu questionner la notion de liberté de conscience auprès de ses élèves.

"On n'a pas communiqué à l'extérieur étant donné le contexte sécuritaire", après l'assassinat de Samuel Paty qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, a expliqué à l'AFP le président de l'établissement Eric Berton. "Si les propos sont avérés, ils seront fermement condamnés", a-t-il ajouté.

S. V. avec AFP