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Sciences Po occupé par des étudiants

Une centaine d'étudiants a occupé le plus grand amphithéâtre du Campus pour dénoncer le mode de désignation du successeur de Richard Descoings.

Une centaine d'étudiants a occupé le plus grand amphithéâtre du Campus pour dénoncer le mode de désignation du successeur de Richard Descoings. - -

Une centaine d'étudiants de Sciences Po ont occupé un amphithéâtre dans la nuit de mercredi à jeudi pour protester contre la procédure de succession à la direction de l'école.

Sciences Po s'enlise dans sa crise successorale. Quatre cents personnes réunies mercredi en début de soirée pour une assemblée générale à l'appel d'étudiants, salariés et enseignants, ont voté l'occupation pendant la nuit, pour "interpeller la ministre" de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso. Le but : faire "qu'elle intervienne en urgence et siffle la fin de la récréation", a expliqué Nicolas Robin, président de l'Unef Sciences Po.

L'étudiant Louis Souchier (en vidéo) résume l'origine du malaise. Il explique qu'il ne fait pas une question de principe le fait "de ne pas soutenir les candidats qui sont présentés maintenant", mais déplore que le choix des trois personnes retenues pour la succession, "n'ait pas été fait avec nous (NDR: les étudiants)".

Deux jours avant la désignation du directeur de Sciences Po et près d'un an après le décès de Richard Descoings, la confusion s'est installée: un des deux conseils de l'école a repêché mercredi un candidat non officiellement retenu, tandis qu'étudiants et personnels dénonçaient une procédure "verrouillée" pour nommer le directeur de l'IEP et administrateur de la Fédération nationale des sciences politiques (FNSP), deux postes traditionnellement occupés par la même personne.

Les grilles fermées pour la nuit

Vers 23h30, les grilles d'entrée de l'école, rue Saint-Guillaume, étaient fermées et gardées par des vigiles. "Plus personne n'entre", a simplement déclaré un responsable de la sécurité.

Plusieurs étudiants qui s'étaient dévoués pour aller chercher des victuailles pour leurs camarades se sont du coup retrouvés à la porte, obligés de leur passer des sacs à travers les grilles, tout comme des retardataires n'ayant pas assisté à l'AG mais rameutés par la mobilisation sur les réseaux sociaux. "Le hashtag #AGSciencePo est en tête sur Twitter, juste après Stéphane Hessel", s'est réjoui Rémi Desmartin, 19 ans. Lui est "arrivé un peu tard" avec plusieurs amis, "on s'est fait refouler".

Ambiance festive dans le grand amphi

Selon plusieurs étudiants joints par téléphone ou interrogés à travers les grilles, entre 80 et 120 personnes occupent l'amphi Boutmy, le plus grande de l'école, dans "une bonne ambiance", "festive". "Certaines personnes avaient prévu un sac de couchage. Là, on est en train de discuter des modalités d'action pour la suite", explique la vice-présidente étudiante du conseil de direction de Sciences Po jointe par téléphone.

#AGSciencePO on range en musique on s'apprête a dormir ! Encore merci a tous pour votre soutien !!!
— Raphaëlle Rémy-Leleu (@RaphaelleRL) 28 février 2013

L'assemblée générale a voté plusieurs résolutions, réclamant notamment la démission de Jean-Claude Casanova, président du Conseil d'administration de la FNSP, un débat public entre les candidats à la direction, avant la désignation prévue vendredi par les deux conseils qui chapeautent l'école. Ou encore que les projets des 32 candidats ayant postulé soient rendus publics.

Un comité de recherche créé après une première procédure avortée a reçu 32 candidatures, en a présélectionné 6 puis retenu 3, dont un s'est désisté, tandis que le conseil de direction de l'IEP a décidé unilatéralement de repêcher un candidat.

L'administrateur provisoire Jean Gaereminck, nommé par la ministre pour mettre en place la deuxième procédure de désignation du directeur, a pris la parole en AG pour défendre ce processus et a été accueilli très froidement par la salle.

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D. N. avec AFP