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Retour à l'école: un collectif d'enseignants et de chercheurs propose de faire cours à l'extérieur

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Ce mardi, un collectif de chercheurs, enseignants, formateurs, s'inspirant du modèle danois, propose, dans une tribune au Monde, que des cours soient organisés à l’extérieur des établissements.

Des cours en demi-groupe et par demi-journée, une distanciation renforcée... Depuis l'annonce du retour progressif des élèves dans les établissements à partir du 11 mai, le gouvernement mais aussi parents et enseignants réfléchissent aux mesures à adopter, s'inspirant notamment des pays étrangers.

Ce mardi, un collectif de chercheurs, enseignants, formateurs, s'inspirant du modèle danois, propose ainsi, dans une tribune au Monde, que les cours puissent aussi se faire à l’extérieur des établissements.

"Le 11 mai, les enfants auront vécu confinés deux mois. Deux mois à manquer d’air et d’espace pour la plupart d’entre eux, deux mois aussi à regarder les écrans plus que d’ordinaire", commence le collectif. Et de questionner: "pourquoi donc vouloir les remettre à l’intérieur des classes à partir du 11 mai, quand élèves et enseignants auront passé toutes ces journées enfermés?"

Notant que, dans de nombreuses écoles, il sera difficile de maintenir la distanciation sociale, le collectif propose de mettre les enfants au vert. "La plupart des communes disposent d’espaces extérieurs – jardins, parcs, stades, terrains de football, forêts, etc. Et si on s’en servait pour faire classe?"

L'importance du contact avec la nature

Le collectif avance plusieurs arguments sanitaires: "à l’extérieur, le renouvellement de l’air permet de réduire le risque de contagion par aérosol", "le système immunitaire des enfants et des enseignants" serait renforcé. 

Mais il souhaite avant tout rappeler "l’importance du lien avec la nature et son rôle dans le développement de l’enfant dès sa naissance". 

"Dans des pays, parfois en tête des classements internationaux comme PISA, les enfants profitent déjà largement des bienfaits des expériences régulières dans la nature", assure-t-il, prenant notamment l'exemple des écoles en forêt ouvertes en Europe du Nord dans les années 1950. 

L'exemple du Danemark

Plus concrètement, le collectif s'arrête sur l'exemple du Danemark. Les jeunes Danois sont les premiers Européens à avoir repris le chemin de l'école. S'ils ne portent pas de masque, une distance de deux mètres doit être respectée entre les tables dans les salles de classe et des bouteilles de gel hydroalcoolique sont mises à disposition. 

En plus de ces mesures barrières, "beaucoup d’élèves et d’enseignants découvrent les cours en dehors de la classe (en salle de gym, dans la cour, sur le parking de l’école, dans les parcs, etc.)", explique le collectif.

"C'est devenu indispensable"

"La reprise scolaire doit aussi permettre à nos enfants, qui vont arriver à l’école fatigués, énervés, stressés, de retrouver un accès à des espaces où ils puissent souffler, s’apaiser et s’émerveiller. Car le contact avec la nature nous fait du bien, c’est depuis des décennies un fait scientifiquement prouvé", poursuit-il.

Et de conclure: "des centaines d’enseignants dans le public en France pratiquent déjà la classe dehors régulièrement. Et pendant le confinement, de nombreux établissements rêvaient de pouvoir s’y mettre, et enseigner à l’air libre, au soleil. Pour la reprise scolaire, si nous faisions la classe dehors? C’est devenu indispensable."
Cyrielle Cabot