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Rentrée scolaire: comment faire reprendre un bon rythme de sommeil à vos enfants

Une chambre d'enfant (photo d'illustration)

Une chambre d'enfant (photo d'illustration) - jeannedur1 -Flickr-CC

Alors que la reprise de l'école approche, un psychologue vous donne quelques conseils pour réajuster les heures de coucher et de lever de vos enfants.

À moins d'une semaine de la rentrée, programmée jeudi 2 septembre en métropole, l'heure est à la reprise des bonnes habitudes. Car après les deux mois de vacances d'été, d'horaires décalés, de couchers tardifs et de grasses matinées, le rythme de l'année scolaire semble bien loin.

Jean-Luc Aubert, psychologue pour enfants, auteur du livre Comment motiver son enfant à l'école (Odile Jacob) et de la chaîne Youtube "Questions de psy", nous explique comment remettre vos enfants à l'heure de l'école.

Après le relâchement des vacances d'été, comment préparer les enfants au rythme de l'année scolaire?

Jean-Luc Aubert: La préparation de la rentrée est un moment de transition. C'est toujours plus facile quand les choses se font petit à petit, de manière progressive. L'idée principale est de reprendre en douceur un rythme plus régulier et plus adapté. En dessous de 6 ans, c'est relativement facile de reprendre ce rythme.

Si par exemple l'enfant s'est couché à 23 heures pendant les vacances, ce sera évidemment compliqué de le mettre au lit du jour au lendemain à 20h. Le conseil que je peux donner, c'est d'avancer cette heure du coucher tous les jours d'une demi-heure. Ce qui laisse du temps jusqu'à la rentrée. Et si les parents ont déjà repris le travail, ce sera d'autant plus facile.

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que s'adapter aux changements de rythme ou avoir un rythme irrégulier demande de l'énergie physique et psychique. Pour qu'un enfant soit disponible pour les apprentissages, il faut une bonne disponibilité physique et psychique. Toute l'énergie qu'il dépense pour s'adapter à ces changements de rythme représente autant d'énergie en moins pour les apprentissages.

Est-ce différent pour un adolescent?

Évidemment, avant 11 ou 12 ans et le début de l'adolescence, c'est plus facile de modifier les habitudes. Mais avec un adolescent, les rapports peuvent facilement se tendre. L'idée n'est pas d'imposer ni d'entrer en conflit sur la question du sommeil. Le maître-mot, c'est la négociation - difficile de faire autrement avec un adolescent d'ailleurs. Et quel que soit l'âge, il est toujours bon d'expliquer. Que ce soit pour le coucher ou le lever, il n'est pas question d'imposer, mais de discuter pour parvenir à un accord.

Si l'adolescent s'est couché tard et a fait la grasse matinée pendant toutes les vacances, on peut par exemple établir une sorte de contrat progressif avec lui. On peut se mettre d'accord sur un échelonnement des horaires pour aujourd'hui, demain, les jours suivants... Mais cela ne signifie pas non plus qu'il faut être rigide. Si de temps en temps il se couche tard, ce n'est pas dramatique.

Je ne vais pas non plus indiquer des horaires précis et définitifs de coucher ou de lever, tout dépend de la famille, des relations, de son rythme à venir au collège ou au lycée. Le principal est de garder un rythme cohérent avec la vie de la famille. Certains devront se lever à 6 heures, d'autres à 7h30, les besoins et les impératifs ne sont pas les mêmes. Et il faut aussi garder de la souplesse, quinze ou trente minutes de décalage sur les horaires, ce n'est pas grave.

Pour les enfants en bas âge, y a-t-il une méthode particulière à adopter?

Pour les plus petits, c'est-à-dire avant 6 ans, la notion de temps reste abstraite. Ce qui peut être intéressant pour eux, c'est de dessiner une frise chronologique en faisant apparaître les jours, les nuits, les réveils, les couchers. On peut par exemple faire figurer des petits pictogrammes. Cela permet à l'enfant de matérialiser le temps, de le rendre plus concret. C'est très structurant et rassurant pour le petit enfant. Et puis c'est aussi ludique tout en préparant à la rentrée.

https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois-Alaya Journaliste BFMTV