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Perpignan: plus de menu sans porc dans les cantines à la rentrée

Cantine scolaire. (Illustration)

Cantine scolaire. (Illustration) - Philippe Wojazer - Pool - AFP

Les parents qui ne souhaitent pas que leurs enfants mangent du porc à la cantine des écoles de Perpignan pourront opter pour un régime végétarien à l'année, fait savoir la municipalité. Mais c'est bien par volonté de ne plus délivrer de "repas confessionnels" qui a dicté ce choix.

Menu avec de la viande de porc ou repas végétarien? C'est le choix que les parents d'élèves de Perpignan vont devoir faire à la rentrée prochaine. Le maire Républicain Jean-Marc Pujol a choisi de ne plus servir de menus de substitution aux enfants dont les parents, généralement de confession juive ou musulmane, ne souhaitent pas qu'ils mangent de la viande de porc, rapporte mardi L'Indépendant. En 2014-2015, relève le journal, sur les 4.700 repas quotidiens servis dans les écoles de la ville, quelque 1.250 d'entre eux étaient de substitution.

Cette décision fait écho aux récentes prises de position de Nicolas Sarkozy sur le sujet. En mars dernier, l'ancien président de la République s'était dit "opposé aux repas de substitution dans les cantines", apportant son soutien au maire UMP de Chalon-sur-Saône qui avait pris la décision de supprimer les repas alternatifs au menu principal.

Le repas végétarien, entre-deux original

Pour justifier de sa décision, la mairie avance la défense d'une conception stricte du principe de laïcité, mais choisit une voie originale en faisant la promotion du repas végétarien. Mais attention, il ne s'agit pas de choisir, les jours où est servi du porc, de se reporter sur le repas sans viande, mais d'opter pour le menu végétarien tout au long de l'année. Une possibilité de modifier son choix est toutefois offerte aux parents après chaque vacance scolaire.

Pour étayer encore sa position sans en faire une posture, la mairie s'appuie sur une tribune publiée dans Le Monde par des intellectuels et responsables religieux qui prônaient cette alternative végétarienne. "Le principe laïc n'implique nullement d'imposer un menu unique aux enfants au mépris des différences et préférences individuelles. Plutôt que d'utiliser le porc ou la laïcité pour attiser la haine confessionnelle et diviser les Français, nous proposons l'instauration dans les cantines scolaires d'une alternative végétarienne à tous les repas", écrivaient-ils.

Egalement "lutter contre le gaspillage"

La mairie de Perpignan représentée par Nathalie Beaufils, à la fois adjointe au maire en charge de l'Education et présidente du Syndicat intercommunal scolaire et de transport Perpignan-Méditerranée qui gère ces repas, ne cache sa volonté de ne plus servir de "repas confessionnels". Mais elle avance aussi l'argument de la lutte contre le gaspillage, avançant que 300 kg de viande sont jetés chaque semaine.

Quant à l'argument qui consiste à dire que la ville cède aux sirènes d'un Front national en progression, il est, là aussi rejeté. "On aurait alors instauré un menu unique. Là, on offre le choix au familles," se défend la municipalité.

La dimension politique de cette décision n'aura échappé à personne. Pour preuve, les 19 autres communes de l'agglomération ont, relève L'Indépendant, fait le choix de conserver les menus de substitution qui étaient servis depuis une trentaine d'années à Perpignan.

David Namias