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L'Education nationale condamne le harcèlement d'une enseignante trans sur Twitter

Jean-Michel Blanquer le 16 mai 2018 devant l'Elysée.

Jean-Michel Blanquer le 16 mai 2018 devant l'Elysée. - GERARD JULIEN / AFP

Le gouvernement avait été interpellé mercredi sur le cas de cette enseignante. Son identité et le nom de l'établissement où elle travaille ont été diffusés sur les réseaux sociaux par un parent d'élève.

Le ministère de l'Education nationale a condamné ce jeudi les propos discriminatoires à l'encontre d'une enseignante dont le changement de genre avait été communiquée aux parents dans un courrier de l'établissement. La a ensuite fuité sur les réseaux sociaux, avec le nom de l'établissement et de la professeure.

"Nous condamnons tout acte et propos discriminatoire", a souligné le ministère. "La première obligation, pour l'Education nationale, est de protéger les droits et la liberté des agents et fonctionnaires".

Tout est parti de la publication sur les réseaux sociaux d'un courrier daté de vendredi et diffusé sur l'intranet de l'établissement situé en région parisienne. Dans cette lettre, la principale expliquait aux parents être "intervenue dans la classe" pour informer les élèves que leur professeure de français avait annoncé son changement de genre et souhaitait désormais être appelée Madame.

Déferlement d'insultes

La diffusion de la lettre a donné lieu ces derniers jours à un déferlement d'insultes sur les réseaux sociaux, faisant craindre à de nombreux internautes des représailles à son encontre. Le ministère de l'Education nationale et la secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes ont été alertés mercredi. Marlène Schiappa a annoncé avoir saisi la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah).

"Les personnes trans méritent notre respect inconditionnel et ont strictement les mêmes droits que tout autre", a-t-elle tweeté. Contacté par BFMTV.com, son entourage a précisé mercredi étudier les suites "juridiques" à donner à cette affaire.

"On fait confiance aux chefs d'établissement"

"Ce n'est pas la première fois qu'un professeur de l'Education nationale ou un agent travaillant dans les écoles change de genre", a indiqué le ministère. "Il n'y a bien évidemment pas de recensement", ni d'ailleurs de procédures standardisées, a-t-il ajouté.

"D'une façon générale, on fait confiance aux chefs d'établissement pour gérer au mieux et avec tact ce genre de situation", précise-t-on rue de Grenelle.

Certains agents ou professeurs "demandent un soutien de leur établissement, d'autres pas. Certains opèrent une transition au retour des grandes vacances, d'autres à l'occasion d'un changement d'établissement ou d'académie. Dans tous les cas, il s'agit d'une démarche personnelle", a expliqué le rectorat.

Charlie Vandekerkhove avec AFP