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Harcèlement scolaire au Mans: les parents dénoncent le "laxisme" de l'école

Les enfants d'Adélia et Ophélie ont été victimes de violence physique et morale à répétition dans leur établissement scolaire. Changer leurs enfants d'école, "c'était le dernier recours", expliquent-elles.

Les enfants d'Adélia et Ophélie ont été victimes de violence physique et morale à répétition dans leur établissement scolaire. Changer leurs enfants d'école, "c'était le dernier recours", expliquent-elles. - BFMTV

Au Mans, dans la Sarthe, deux mères de famille ont choisi de changer leurs enfants d'établissement après avoir découvert qu'ils étaient victimes de harcèlement scolaire. Durant 18 mois, ces deux élèves de CP ont vécu un véritable calvaire.

C'est un fléau qui continue de faire de nombreuses victimes. De l'école primaire au lycée, 383.830 à 700.600 enfants subiraient la violence verbale, et parfois physique, d'autres élèves, selon les chiffres du ministère de l'Education nationale. C'est ce qui a poussé deux mères du Mans, dans la Sarthe, à changer leurs enfants d'établissement scolaire. Durant 18 mois, leur petit garçon précoce et leur petite fille malentendante, tous deux en classe de CP, ont été humiliés et violentés par un de leurs camarades, âgé de sept ans.

Les deux enfants subissaient quotidiennement des menaces mais aussi de la violence physique: arrachage de cheveux, crachats, coups de pied et de poing, lunettes et cartable cassés, morsures et mise à terre pour être traînés. Pour les deux mamans, il s'agit sans aucun doute d'harcèlement scolaire. Tandis que le fils d'Adélia avait peur d'aller à l'école, la petite fille d'Ophélie se murait dans le silence: "Ma fille ne nous a jamais rien dit. C'est un élève de CM2 qui un jour de septembre nous a avertis qu'elle avait été traînée par terre", raconte le père de la fillette au Maine Libre.

Le laxisme de l'école dénoncé par les familles

Les deux familles ont alors envoyé des lettres à l'établissement, constitué un dossier et lancé des alertes. Deux plaintes ont également été déposées de la part de l'une d'entre elles, mais les violences et injures ont continué. Les deux mamans ont alors opté pour une solution plus radicale. "On a pris la décision de changer l'enfant d'école pour son bien-être", raconte Adélia, "c'était le dernier recours".

Les familles en veulent désormais à l'établissement scolaire, qui n'a pas su mettre fin à cette triste situation. "On ne nous donne pas la possibilité qu'ils soient en sécurité dans leur école", assurent les deux mères qui ont pris la décision d'inscrire leurs enfants dans un établissement privé. "C'est payant peut-être mais on espère qu'il y a cette sécurité qui manque dans certains établissements publics", explique Ophélie.

Si les parents ne comprennent pas que l'élève posant problème n'ait pas été renvoyé de l'école, selon Jacky Crépin, directeur d'académie de la Sarthe, "ça n'est pas la fonction de l'école que de sortir les élèves immédiatement". "Il nous faut trouver des réponses adaptées pour ces élèves", a-t-il précisé. Des réponses qui ont semble-t-il tardé à arriver, au point de pousser les parents à trouver eux-mêmes une solution pur leurs enfants.

Johanne Eva Desvages avec Renaud Parquet et Antoine Pollez