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Fermeture d'écoles fondamentalistes islamistes: "Nous avons affaire à des gens coriaces", concède Blanquer

Malgré le déploiement d'un nouvel arsenal législatif, le gouvernement peine à faire fermer des écoles privées hors-contrat accusées de fondamentalisme islamiste.

Un an après l'avoir promis, l'Etat a-t-il réussi à fermer les écoles hors-contrat d'inspiration fondamentaliste islamiste? Pas vraiment, selon l'aveu même de Jean-Michel Blanquer. Invité de BFM Politique ce dimanche, le ministre de l’Education nationale a tout d'abord tenté d'éluder une question sur la situation d'une école "d'inspiration fondamentaliste islamiste" d'Echirolles, en Isère, et d'une autre située à Toulouse. Avant de finalement s'exprimer sur le sujet.

Le ministre s'est tout d'abord félicité de la mise en place d'un arsenal juridique grâce notamment à la loi Gatel, adoptée en avril 2018 et portant sur le contrôle des établissements privés hors-contrat: "Avant nous n'avions aucun outil juridique pour lutter contre cela. Nous avons voté la loi Gatel nous permettant d'interdire l'ouverture d’écoles de ce type", a-t-il assuré sur notre plateau.

Des injonctions inefficaces

"Maintenant nous devons permettre les fermetures. C’est plus difficile parce qu’il y a des problèmes juridiques. Nous avons ainsi deux moyens de le faire, soit en montrant qu’elles vont à l’encontre de l’ordre public. Soit en faisant une injonction aux parents de ne pas scolariser leurs enfants dans ces écoles", a-t-il fait valoir.

Jean-Michel Blanquer a précisé que dans le cas de la fermeture de l'école Philippe Grenier d'Échirolles, les responsables de l'établissement avaient fait appel "pour gagner du temps". En attendant le jugement en appel prévu le 1er juillet, l'Etat a adressé une injonction aux parents d'élèves de ne pas y scolariser leurs enfants.

Une mesure visiblement peu efficace. De l'aveu même du ministre, cette injonction a peu été suivie: "Le bâtiment doit encore être ouvert il doit fonctionner mais tous les parents ont été convoqués pour leur signifier l’obligation d’envoyer leurs enfants dans d’autres écoles", a-t-il assuré.

"Avant la loi Gatel, la situation était totalement anarchique"

Plus problématique, le cas de l'école Al-Badr de Toulouse, dans le viseur de l'Etat pour les mêmes raisons. Il y a un an déjà, de nouveau sur BFMTV, Jean-Michel Blanquer assurait que l'école ne rouvrirait pas ses portes en septembre. Or, il apparaît que l'établissement continue d'accueillir des élèves en son sein, après avoir changé de nom et éloigné le directeur qui resterait, malgré tout, proche de l'équipe enseignante:

"Nous avons affaire à des gens coriaces qui prennent des faux nez ou changent les noms des associations", a concédé le ministre.

Malgré cet échec, Jean-Michel Blanquer a insisté sur le fait que le gouvernement fait, selon lui, des progrès en la matière: "Avant la loi Gatel, la situation était totalement anarchique. Nous avons maintenant les moyens de faire barrage. Nous avons créé des équipes qui font des contrôles rectorat par rectorat. Nous sommes passé d’une situation passive à une situation offensive", a-t-il conclu.
Guillaume Dussourt