BFMTV

Enseignement: la ruée vers les écoles privées

De plus en plus de parents désertent les écoles publiques et se tournent vers l'enseignement privé. Plusieurs raisons à cela. BFMTV est allée à leur rencontre.

L'école privée séduit de plus en plus en France. Quelque 20% des élèves français y suivent leur scolarité. La plupart des établissements sont submergés par les demandes d'inscription et doivent refuser du monde. Dans son bureau, Baptise Jacomino, chef d'établissement des collège et lycée Sainte-Ursule à Paris, dans le 17e arrondissement, croule sous les dossiers d'inscription. Pour la prochaine rentrée, il ne reste que 50 places disponibles en classe de 6e. Il a déjà reçu près de 700 demandes.

L'enseignement privé gagne du terrain

"Fin août, j'avais déjà reçu suffisamment de candidatures pour remplir mes classes de l'année d'après", assure-t-il à BFMTV. "Alors évidemment, ce n'est pas comme ça que je les choisis, je ne prends pas les premiers arrivés. Mais ça ne m'était pas arrivé d'avoir des dossiers aussi tôt, aussi nombreux."

Et c'est comme ça un peu partout en France. De la maternelle au lycée, l'enseignement privé ne cesse de gagner du terrain. Exemple cette année en élémentaire: 7000 élèves supplémentaires dans le privé alors que les écoles publiques en ont perdu 14.000. Pourquoi un tel succès? L'encadrement y serait meilleur, selon ces parents.

"Dans cette école il y a des maîtresses qui sont assez extraordinaires", confie ce père à BFMTV. "On reçoit des mails quasiment tous les soirs avec des photos des activités de tout ce que font les enfants pendant la journée". Une autre mère est enthousiaste: "C'est un cadre assez familial qui demande aussi une grande implication des parents", assure-t-elle à BFMTV.

Moins d'élèves boursiers

Autre raison, évoquée moins ouvertement devant la caméra: beaucoup de ces parents chercheraient à éviter l'école publique de leur quartier jugée mal fréquentée. Pour ce spécialiste de l'éducation, c'est même souvent la principale motivation.

"Dans l'enseignement public, il y a des concentrations d'enfants de milieux populaires. C'est un repoussoir pour beaucoup de familles. Le résultat, c'est que ces familles cherchent à fuir l'enseignement public", analyse pour BFMTV Bernard Toulemonde, ancien inspecteur général de l'Éducation nationale. 

Les responsables de l'enseignement privé disent vouloir faire plus d'efforts pour favoriser mixité sociale. Car aujourd'hui, les établissements privés accueillent trois fois moins d'élèves boursiers que ceux du public.

C.H.A. avec Antoine Heulard