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Enseignement des maths: en quoi consiste la méthode de Singapour?

Dans une école de Quimper, le 4 septembre 2017. (photo d'illustration)

Dans une école de Quimper, le 4 septembre 2017. (photo d'illustration) - Fred Tanneau - AFP

Le ministre de l'Education nationale souhaite que les quatre opérations mathématiques de base, addition, soustraction, multiplication et division, soient maîtrisées par les élèves dès le CP et le CE1. Jean-Michel Blanquer s'inspire là de la méthode dite "de Singapour". En quoi consiste-t-elle? Explications.

Dans une interview donnée à l'hebdomadaire L'Express, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a dit souhaiter que les quatre opérations mathématiques de base soient maîtrisées par les écoliers dès le CP et le CE1. Une grande nouveauté pour l'enseignement des maths en primaire, alors que la division est, pour l'heure, enseignée en CM1.

Manipuler concrètement les chiffres

En faisant cette proposition, le ministre s'inspire directement de la méthode de Singapour, qui consiste à décrypter le raisonnement mathématique pour ensuite mieux l'appliquer.

"Vous devez dire au début quel est le théorème que vous appliquez, puis vous faites des exercices qui vous font aller progressivement vers plus de complexité", résumait Jean-Michel Blanquer sur BFMTV, fin août.

Plus simplement, il s’agit de manipuler les chiffres de manière concrète, avant de passer à une application abstraite. "Pour demander aux élèves de compter des canards dans une mare, on va les entraîner à représenter les canards avec des cubes. C'est plus abstrait que des canards mais moins abstrait que des nombres", détaille Jean Nemo, fondateur de la Librairie des écoles.

Singapour en tête des classements internationaux

Et la méthode porte ses fruits. Avec elle, Singapour s’est hissé en tête des classements internationaux sur l’enseignement des mathématiques.

Mais pour les représentants des enseignants français, il faudra du temps avant de l’appliquer dans l'Hexagone. "Singapour, ça a été quinze ans de recherches, quinze ans de formation des enseignants à une recherche très large", rappelle ainsi Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp Fsu. "Nous disons qu'il faut savoir non pas réduire ses ambitions, mais faire moins mais mieux", fait-elle valoir au micro de BFMTV.

Quoi qu'il en soit, lors des dernières études internationales sur le niveau des élèves en maths et en sciences, les petits Français affichaient les pires résultats de l’Union européenne. 

A.S. avec Célia Genest, Laura Lequertier et Anne Sophie Warmont