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Concours de l'enseignement: le nombre de candidats a chuté de 10% en un an

Une salle de classe (photo d'illustration)

Une salle de classe (photo d'illustration) - FREDERICK FLORIN / AFP

Le métier de professeur ne fait plus rêver: entre 2019 et 2020, le nombre de candidats au Capes et à l’agrégation a encore diminué de 10%.

L’enseignement est à bout de souffle, et cet épuisement se ressent jusque dans les inscriptions aux concours d’entrée dans l’éducation nationale. En un an, le nombre de candidats au Capes et à l’agrégation a diminué de 10%, selon un décompte syndical transmis au Monde par le SNES. Dans quasiment toutes les disciplines, les chiffres sont au plus bas depuis 2016.

Pour l’année 2020, 3775 candidats sont par exemple inscrits aux épreuves pour devenir professeur d’anglais, contre près de 5000 en 2014; et seuls 392 postulent aux sessions d’allemand. Rien d’étonnant cependant pour cette langue "qui perd des élèves dès le secondaire", explique au quotidien Patrick Rayou, professeur émérite en sciences de l’éducation à l’université Paris-VIII. Il souligne en revanche que "si des disciplines jusqu’ici préservées sont touchées, cela devient préoccupant."

"Sinistrose totale"

Et c’est le cas. Des matières qui se maintenaient à flot jusqu’ici, commencent à flancher. Comme les Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) et les Sciences Economiques et Sociales (SES), qui perdent respectivement 15% et 22% d’inscrits au capes externe par rapport à 2019. Quelles sont les raisons de ces désertions?

Patrick Rayou attribue cette dégringolade à "l’empilement de réformes systématiquement détricotées par la majorité suivante, aux programmes surchargés, au sentiment de ne plus parvenir à emmener toute une classe d’âge jusqu’au bac…" Et d’ajouter: "Dans les salles des profs, c’est la sinistrose totale."

De plus, l’allongement des études à 5 ans avant de pouvoir passer les concours a également fait chuter le nombre de candidats. Ces derniers "doivent désormais faire deux années de master sans être certains d’être lauréats du concours. Le coût d’entrée dans le métier devient lourd, parce que l’incertitude est plus grande, sans que les chances de réussite soient meilleures", observe Pierre Périer, chercheur en sciences de l’éducation à l’université Rennes-II.

Enveloppe de 500 millions d'euros

Pour remotiver les étudiants - et calmer la grogne des enseignants actuels - le ministère de l'Éducation nationale a annoncé qu’il consacrerait 500 millions d'euros à des hausses de salaires pour en 2021 pour pallier les effets néfastes de la réforme des retraites sur ce métier.

Cette enveloppe budgétaire devrait permettre une hausse de salaires à compter de janvier 2021. Cette revalorisation pourrait être comprise entre 70 et 90 euros nets par mois dès l'an prochain, pour ceux qui sont en début de carrière, espère Jean-Michel Blanquer. Reste à voir si cette promesse suffira à inverser la tendance.

Ambre Lepoivre